jeudi 3 février 2011

Pour la vérité et la réconciliation en Tunisie


La Tunisie est sortie de la dictature le 14 janvier. Mais les blessures ne se refermeront pas sans passer par la case « vérité » sur ce qui s’est passé. La Tunisie, comme l’ont déjà fait une trentaine d’autres pays dans le monde, se doit de constituer une « Commission de la vérité et de la réconciliation » (CER) ou, comme ce fut le cas au Maroc, une «Instance Equité et Réconciliation (IER).
Pourquoi ?
Le débat sur la présence ou non d’anciens membres du régime Ben Ali dans le gouvernement de transition a été tranché de manière forte avec le démantèlement du sit-in populaire à la Kasbah. Mais les rancœurs et les interrogations demeurent et demeureront à jamais dans les esprits. Outre les trois commissions qui ont été chargées de proposer des réformes et de trier les plaintes contre l’ancien régime (avant de les passer à la Justice), il faut que les responsables politiques, les hommes d’affaires, les juges, les avocats et autres, bref, tous ceux qui ont participé de loin et de près au maintien de l’ancien régime, voire à sa prospérité, se confessent et « vident » ce qu’ils ont sur leur cœur. C’est bien pour eux et c’est bien pour la Tunisie entière afin que l’on dise « plus jamais la dictature ». Si parmi les responsables, il y aura des coupables, c’est à la Justice indépendante de juger. Et de condamner chacun selon ce qu’il a fait.
Un Premier ministre, aussi intègre soit-il, ne peut poursuivre sa mission de refonte de la Tunisie vers la démocratie sans accomplir sa propre rédemption. C’est douloureux, mais indispensable. Mohamed Ghannouchi a été promu « ministre » par Ben Ali en octobre 1987. Depuis, par devoir, il a servi Ben Ali jusqu’au 14 janvier 2011. Et il a même dit avoir du « respect pour lui » quand il a accepté de lui parler au téléphone après son départ.
Personne ne comprend pourquoi Ghannouchi s’accroche au pouvoir. Est-ce pour servir l’intérêt national d’une autre manière ? Pour se refaire une virginité politique ? Ou pour éviter l’effondrement total du système Ben Ali qui, on le sait aujourd’hui plus que hier, a mis sous sa tutelle des centaines de milliers de Tunisiens dans toutes les professions, dans toutes les régions et dans toutes les hiérarchies.
J’ai parlé de M. Ghannouchi, mais je peux aussi parler de Fouad Mebazaa ou de Mohamed Nouri Jouini. Ce dernier, intègre et compétent, a fait, il ne faut pas oublier, ses premières armes à l’intérieur même du Palais de Carthage, comme conseiller, membre du fameux « Shadow Cabinet ». Lui aussi se doit de faire sa « confession » devant la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Il se libèrera du lourd poids du passé et pourra ainsi mieux servir la Tunisie avec un cœur léger.
La Tunisie qui a fait sa Révolution devra faire recouvrer sa mémoire pour mieux bâtir son présent et son avenir. Elle devra suivre l’exemple de l’Afrique du Sud après l’apartheid, de l’Allemagne après Hitler, du Maroc après Hassan II, du Pérou, du Guatemala, etc.
La CVR ou IER sera chargée de recenser toutes les violations des droits de l’homme et du droit tout court  afin de permettre une réelle réconciliation nationale.

dimanche 30 janvier 2011

Tunisie : ce que j'écrivais en 2001

J'ai fait une analyse globale de la situation économique et politique de la Tunisie en 2001. Le système Ben Ali est arrivé à une impasse. Ce que je proposais alors - lire la fin de mon article - a été réalisé en 2010 grâce à la révolution des Jeunes et des Vieux (Ech-chabab wa Ech-chiab). Si Ben Ali avait écouté... Mais, à l'époque, il avait choisi de censurer Jeune Afrique (en limitant la diffusion du journal). Ce fichier est disponible en pages PDF (je l'envoie à celui ou celle qui me le demandera par mail). Rappel : j'ai quitté Jeune Afrique le 31 octobre 2010.










mercredi 26 janvier 2011

Pour une Charte de la Révolution

J'invite tous les jeunes qui ont participé à cette Révolution à rédiger une Charte de la Révolution. Pourquoi ? Pour préserver les idéaux de la Révolution : liberté, égalité, fraternité, laïcité. Et pour favoriser un retour au civisme. Du temps de l'ancien régime, les valeurs les plus élémentaires ont été bafouées : non respect de l'autre, non respect de la loi, non respect du bien public. A cela s'ajoutaient le mensonge, la tricherie, l'escroquerie...

La Charte sera écrite par les jeunes "en direct" via Internet (Facebook, Twitter...). Elle pourra être enrichie au fur et à mesure. Elle mettra le retour au "civisme" à la tête des priorités. Que signifie le civisme ? Faire la queue pour attendre son tour devant un guichet, dans une boulangerie, etc.; S'interdire de dire de gros mots en public; Ne pas jeter du plastique, un paquet de cigarettes, un pot de yaourt, etc., dans la rue ou à travers la vitre d'une voiture... Respecter son environnement public comme on respecterait son propre intérieur.

Une des manifestations de la vie post-14 janvier est la liberté. Mais liberté ne rime pas avec anarchie. Face au vide laissé par les agents de police et les agents municipaux, certains Tunisiens ont fait preuve d'un égoïsme sans limite : non respect des règles élémentaires de la vie en commun, construction ultra-rapide sans permis de construire, commerce informel deux fois plus répandue qu'avant (vente sur le trottoir de produits alimentaires, vente de carburants...). Ces pratiques informelles risquent de s'incruster dans la vie de tous les jours, ce qui est nuisible au secteur formel : les magasins qui ont des employés, qui paient des taxes et autres charges... Ces petites entreprises risquent de mourir. Qui va perdre ? Nous, tous les Tunisiens, la Tunisie.

Une Charte civique peut donc appeler au boycott des anarchistes, de ceux qui appellent au régionalisme étriqué, aux grèves sans motifs clairs. Il ne s'agit pas d'interdire les étals justifiés dans certains endroits - places de marché, et autres lieux autorisés - il s'agit de ne pas transformer notre pays en un vaste marché noir, non réglementé, non sécurisé. Si on laisse faire aujourd'hui les vendeurs ambulants de carburants, demain on aura des médicaments en vente sur le trottoir. Attention, trop de liberté tue la liberté. Le dicton dit que la liberté s'arrête au bout du nez, quand commence celle de l'autre.

La rédaction de cette Charte globale de la vie citoyenne ne doit pas venir d'en haut. Mais des jeunes, de la base. On se donne des valeurs à respecter, des règles de conduite. A vos plumes donc !

lundi 24 janvier 2011

La révolution vue de Sousse

Sousse, le 24 janvier
Après le couvre-feu, la loi interdit de circuler. En théorie. Vu de mes propres yeux, plusieurs véhicules bravent le couvre-feu en circulant après 20h00. Certains, par nécessité de service, ne veulent pas dormir sur leur lieu de travail. Exemple : dans un aéroport qui reçoit des avions après 20h00, des employés ne veulent pas passer la nuit sur les bancs de l'aérogare où tous les services de restauration sont fermés. Ils quittent donc l'aéroport au risque de leur vie, mais ils sont tranquilles : les soldats sont des gentils !  Effectivement, les soldats qui tiennent les barrages de contrôle sur la route arrêtent tous les véhicules. Ils vous demandent de vous arrêter. Ils vous saluent, contrôlent votre coffre et vos papiers et vous disent "bonne route".
Les routes sont calmes, pas le moindre coup de feu. Les bandes, armées et payées par l'ancien régime, ont déguerpi. Certaines se terrent encore, mais jusqu'à quand ?

Le jour, la vie reprend son rythme normal. Les embouteillages aux carrefours (sans flics pour contrôler), les gens qui marchent partout, sur le trottoir et sur la chaussée. Normal. Jusqu'à environ 10h00. Après, les routes s'animent d'une manière inédite (jamais vue du temps de Zinochet) : des petits groupes de manifestants, avec des feuilles de papier en guise de pancartes, des banderolles, continuent à s'exprimer en toute liberté. "RCD dégage"... Liberté, Non à la confiscation (par qui ?) de la Révolution... Les manifs sont un peu partout, au quartier Er-Riadh, à Khezama, au Souk el-Ahad... Personne ne les réprime. Ils parlent, ils crient... Mais qui les écoutent.

Des témoins occulaires vous racontent l'avant et l'après 14 janvier. Un médecin me raconte avoir vu autour de Carrefour Market (sur la GP1, à Khezama), trois jours avant le 14, trois voitures de location qui faisaient le gué. Leurs passagers entraient et sortaient du magasin sans aucun achat. C'est du repérage. Le soir du 14 janvier, juste après l'annonce du départ de Zinochet, deux des trois voitures sont revenues : huit passagers sont descendus. Ils ont pris des pneus et les ont brûlé devant le magasin. Quand le feu a bien pris et que la fumée a envahi les lieux, ils ont cassé les vitres du magasin, sont entrés et ont commencé le saccage, des produits étaient jetés dehors. Puis, ils sont sortis sans rien prendre, laissant aux autres le soin de piller...

Effectivement, ce n'est que par la suite que des gens ordinaires sont venus piquer autant que possible, qui un fer à repasser, une machine à laver, un téléviseur, des produits de consommation courante. Les casseurs sont probablement partis ailleurs - Monoprix, Promogros, Tunisair (pourquoi ?), etc. - pour éventrer des vitrines. Ils ont opérés de la même manière sur les villas et entrepôts de la famille de Ben Ali, les Hayet et Cie. C'est ce qu'on appelle "la politique de la terre brûlée" : on ne laisse rien au peuple (ennemi), ni biens, ni traces, mais des cendres...

Plus tard dans la nuit du 14 au 15, les sbires de Zinochet ont semé la panique dans divers quartiers de la ville. Dans la rue des Orangers, les tirs se sont poursuivis plusieurs heures entre trois groupes. On ne sait qui tirait contre qui. Les soldats contre des soldats ou contre des milices ? La nuit était noire. Mais on ne déplore pas de victimes. Les tireurs voulaient semer la terreur. Même dans les cités populaires, comme Er-Riadh ou Ez-Zouhour... On n'a pas touché aux hôtels, bien gardés par l'armée.

Hayet, la soeur de Ben Ali est en fuite. Kaïs, le neveu, a été arrêté. Leurs biens pillés. Leur temps est fini. Mais quid de leurs hommes de main ? Et de leurs nombreux biens immobiliers ? Et, enfin, de leur jugement sur terre ?

Note : J'ai participé à un débat organisé par la radio BFM Business (94.6 FM), Good Morning Week-end, diffusé le samedi 22 janvier 2011 à 9h, et rediffusé le dimanche à 8h00. Durée : 1 heure. Malheureusement, ce lien n'est plus actif.


samedi 22 janvier 2011

Power to the People III, suite et fin


Autres exemples de dictateurs qui ont été déchus ou renvoyés par le Peuple.

- Le général chilien Augusto Pinochet - d'où le surnom Zinochet donné à notre dictateur- a gouverné le Chili d'une main de fer entre 1973 et 1990. Il a été obligé de céder le pouvoir le 11 mars 1990, pour devenir sénateur à vie. Lors d'un voyage à Londres, il est arrêté en novembre 1998 suite à une plainte déposée contre lui pour "génocide, terrorisme et tortures". Il restera en état d'arrestation jusqu'à sa libération pour raison de santé en mars 2000 (85 ans). Il mourra de mort naturelle le 10 décembre 2006, avant le jugement.

- Le général soudanais Gaafar Nimeiri : il règnera sur le Soudan de 1969 jusqu'à sa chute (coup d'Etat militaire) en mai 1985. On le laisse partir en exil au Caire. Très malade, on le laisse mourir au pays, où il revient en 1999. Il mourra le 30 mai 2009.

- Le dictateur communiste Enver Hodja gardera le pouvoir très longtemps (de 1945), obligeant son pays à vivre en autarcie, isolé du monde. Il ne quittera que le jour de sa mort, le 11 avril 1985, laissant l'Albanie dans un état délabré.

- Le dictateur "fou et sanguinaire" Idi Amin Dada mènera l'Ouganda à la ruine, de 1971 à 1979. Sa dernière folie, inspirée et soutenue par Kaddafi, est d'envahir son voisin, la Tanzanie. Plus forte que lui, la Tanzanie mobilise les Ougandais en exil et oblige Idi Amin à la fuite, le 11 avril 1979. Il reste quelque temps en Libye, puis il trouve refuge - comme Ben Ali - en Arabie saoudite. Peu avant sa mort, son épouse demande l'autorisation de rentrer en Ouganda... Refus, même mourant, il doit être jugé, lui répond-on. Il mourra ainsi à Djeddah, le 16 août 2003.

La liste des dictateurs déchus est longue : Mengistu (Ethiopie), Mobutu (Zaïre), Staline (URSS), Kim il-Sung (Corée du nord), Niyazov (Turkménistan)... Ben Ali ne s'est pas inspiré de l'Histoire pour mener à bien la transition après Bourguiba. Il a préféré s'enrichir lui et sa famille sur le dos des Tunisiens.



jeudi 20 janvier 2011

Power to the People II

Donc, je disais que Ben Ali n'a rien appris de l'Histoire.

Regardez le cas de Ferdinand et de Imelda Marcos, Président et Présidente des Philippines. Au pouvoir depuis le 30-12-1965, Ferdinand et son épouse ont été renvoyés par le mouvement populaire "Power to the People" le 25 février 1986. Après un peu plus de 20 ans au pouvoir. Notre Ben Ali a gagné 3 ans de plus. Cela ne veut pas dire qu'il était plus intelligent que Marcos, non, cela veut dire que sa main mise sur les Tunisiens était totale : la vie ou la mort. Donc, notre peuple l'aima d'abord, coopéra avec lui ensuite, avant de le subir à 100 %. Mais je disais que sa fin était inéluctable. Un ou trois ans de plus, ce sont des secondes dans l'Histoire.
Marcos est mort trois ans après son renvoi, en 1989. Ben Ali était au summum de son pouvoir ! Aveugle.

Deuxième exemple : celui du général Jaruzelski, que Ben Ali avait connu lorsqu'il était ambassadeur chez lui.Le général (Ben Ali aussi était général, mais il n'a jamais commandé de troupes, un grade en papier) a régné sur la Pologne de 1981 à 1989. Il a su négocier son départ en 1990, laissant la place au leader syndicaliste Lech Walesa.

Troisième exemple, plus sanglant, celui du couple Ceaucescu, Nicolae et Elena, de Roumanie. Le couple régna de 1965 jusqu'à leur chute, le 25 décembre 1989. A la suite d'un procès à la va-vite, les deux ont été déclarés coupables de "génocide" et fusillés sur le champs. Zine et Leïla (qui ne se marieront qu'en 1992 et auront trois beaux enfants) étaient alors des amants éperdus l'un de l'autre, aveuglés par la passion, loin de penser à ce qui se passait en Roumanie...

Quatrième exemple, aussi frappant, celui de la famille Suharto, qui gouverna l'Indonésie comme la notre gouverna la Tunisie : aucun secteur économique n'échappait aux membres de la famille Suharto.
Leur règne dura trop longtemps : mars1967- mai1998. Contraint à la démission, suite à la crise financière asiatique (nous, c'est la crise économique mondiale, sic), mais surtout à la révolte des Jeunes (comme chez nous). Mais, après sa démission, sa famille a dû abandonner l'essentiel de sa fortune. Suharto mourut dix ans après, en 2008. Ben Ali ne s'en était même pas aperçu. Il se faisait réélire haut la main en 2009.

A suivre.


Power to the People I

La plus grande bêtise de Ben Ali (et de sa seconde épouse) est, outre leur soif des plaisirs matériels, d'être ignorant en matière Politique, avec grand P. Il ne sait pas que l'Histoire se répète. Et que le pouvoir revient toujours au Peuple, tôt ou tard.
Lui qui a dit avoir étudié à St Cyr et au Maryland (USA) - c'était en fait de simples stage de perfectionnement dans le Renseignement et l'électronique (transmission) - n'a pas consacré une seule minute à lire l'Histoire ou à apprendre par des prof qualifiés (sic), des obtus comme Abdelwaheb Abdallah, Abdallah Kallel ou Abdelaziz Ben Dhia (ils n'ont d'Allah que le nom et de Lumière que l'obscurité).
En fait, Zine (mais il n'est pas beau) a abandonné les cours du Lycée de Garçons de Sousse (LGS) bien avant le Bac (dans sa bio relookée, il s'est inventé un passé de militant indépendantiste, et prétend avoir été arrêté par la police française). Ses camarades de classe, dont certains sont vivants, pourront, j'espère, témoigner aujourd'hui en toute liberté : il était, en fait, le cancre de la classe. La preuve : dès qu'il a pris le pouvoir, au lendemain du funeste 7-11, il a envoyé des motards au LGS pour récupérer son dossier scolaire (je le tiens de source sûre). Pourquoi ? Pour que personne n'aille fouiner dedans !
Quant à son épouse Leïla, qu'on dit coiffeuse (elle ne l'était même pas, mais fréquenter des salons de coiffure, où l'on parlait sexe et amant), elle a voulu - après son mariage - apprendre. C'est légitime. Mais comment s'est-elle prise ? Avec des cours par correspondance, elle a obtenu sa maîtrise, etc. Les devoirs étaient faits par son maître en la matière Ben Dhia, ex prof et doyen de la Fac de Droit. Comme il a eu son doctorat à Toulouse, c'était plus facile avec ses relations à lui de donner à son étudiante en herbe, la Première Dame, tous les diplômes qu'elle voulait (il ne pourra plus aller jusqu'au doctorat, un titre dont elle rêvait). Elle voulait se faire ainsi un CV pour un jour briguer la succession de son mari. La succession, pourquoi pas, après tout. Elle obtenait tout ce qu'elle voulait sur un simple geste du doigt. Elle renvoyait qui elle voulait.

Donc, notre Président et Présidente étaient vraiment incultes. Pourtant, on pouvait croire que Ben Ali avait de l'expérience... Il a été attaché militaire à Rabat (puni et éloigné par Bourguiba parce qu'il était proche de Kaddafi, qui l'avait désigné ministre ou secrétaire d'Etat dans le premier gouvernement de l'Union Tuniso-libyenne avortée (Merci Hédi Nouira). Rappelez-vous l'accord mort-né de Djerba en janvier 1974. Ben Ali a été ensuite ambassadeur en Pologne (puni et éloigné une deuxième fois pour avoir failli à sa mission première de surveillance du Territoire national lors de l'infiltration du Commando de Gafsa, envoyé par... le même Kaddafi en 1980)...
Mais ce sont les émeutes du pain (décembre 1983-janvier 1984) qui le ramenèrent au bon souvenir de Wassila : elle  a convaincu Bourguiba que Ben Ali était l'homme de la situation (un Homme Fort, disait-elle). Depuis, Ben Ali est revenu pour se venger. L'Histoire dira un jour qu'il était pour quelque chose dans les attentats et autres violences attribués aux Islamistes (du MTI).
En fait, plus il faisait peur à Bourguiba et plus Bourguiba lui accordait sa confiance, jusqu'à le nommer Premier ministre (et donc son successeur légal en cas d'empêchement, quelle inconscience !). Mais vu son âge, Bourguiba était une proie facile. Des médecins ont été obligés - contrairement à leur serment - de signer l'ordonnance disant que Bourguiba n'était plus capable, etc., etc. La suite on la connaît, en partie (je reviendrais, un jour, sur la nuit du 6 au 7-11).
A suivre.