Quand le mot « dégage » s’internationalise
Prononcé des milliers de fois contre le dictateur tunisien Ben Ali (qui a régné de 1987-2011), le mot « dégage » est souvent entendu dans des manifestations en France…
Rappel significatif : je l’ai entendu, le même jour, le 20 mars 2021, à Tunis et à Jérusalem…
Dégage Ghannouchi… à Tunis
Dégage Netanyahou… à Jérusalem…
Loin de moi l’idée de faire un tel parallèle, mais l’analyse de l’actualité internationale (lecture de plusieurs journaux chaque jour) a mis devant mes yeux deux événements aux antipodes l’un de l’autre, mais les manifestants criaient le même slogan devenu célèbre : « Dégage » !
1- En Israël, les électeurs voteront le mardi 23 mars 2021, pour la 4e fois en deux, pour élire leurs députés. Les trois derniers scrutins ont abouti aux mêmes résultats : pas de majorité ni relative ni absolue à un seul parti, les coalitions hybrides n’ont pas tenu la route. Le Premier ministre de droite religieuse, Benyamin Netanyahou, 72 ans, n’arrive pas à gouverner avec 36 députés sur 120… Il a dissout le parlement. Résultat : Les anti-Netanyahou se sont rassemblés par milliers, samedi 20 mars 2021, à Jérusalem, pour lui dire « Dégage »…
2- Le président du parlement, l’islamiste, Rached Ghannouchi, 79 ans, avec 52 élus sur 217, n’arrive pas lui aussi à gouverner… Ses opposants ont défilé le samedi 20 mars 2021 pour lui dire « Dégage » : à Sfax, avec une grande marche organisée par les partisans de Abir Moussi (Parti destourien libre) et à Tunis, avec une autre grande marche organisée par les partisans supposés du Président de la République, Kaïs Saïed (sans parti).
Similitude : le mode de scrutin électoral est basé, en Israêl comme en Tunisie, sur les mêmes règles : répartition des sièges à la proportionnelle…
Différence : les médias (TV et journaux) israéliens ont largement couvert les manifs anti-Netanyahou ; les médias (TV et journaux) tunisiens ont accordé peu d’importance aux manifs de Sfax et de Tunis.