dimanche 1 mars 2026

"Dégage", un cri tunisien devenu international

 

Quand le mot « dégage » s’internationalise

Prononcé des milliers de fois contre le dictateur tunisien Ben Ali (qui a régné de 1987-2011), le mot « dégage » est souvent entendu dans des manifestations en France…

Rappel significatif : je l’ai entendu, le même jour, le 20 mars 2021, à Tunis et à Jérusalem…

Dégage Ghannouchi… à Tunis

Dégage Netanyahou… à Jérusalem…


Loin de moi l’idée de faire un tel parallèle, mais l’analyse de l’actualité internationale (lecture de plusieurs journaux chaque jour) a mis devant mes yeux deux événements aux antipodes l’un de l’autre, mais les manifestants criaient le même slogan devenu célèbre : « Dégage » !

1- En Israël, les électeurs voteront le mardi 23 mars 2021, pour la 4e fois en deux, pour élire leurs députés. Les trois derniers scrutins ont abouti aux mêmes résultats : pas de majorité ni relative ni absolue à un seul parti, les coalitions hybrides n’ont pas tenu la route. Le Premier ministre de droite religieuse, Benyamin Netanyahou, 72 ans, n’arrive pas à gouverner avec 36 députés sur 120… Il a dissout le parlement. Résultat : Les anti-Netanyahou se sont rassemblés par milliers, samedi 20 mars 2021, à Jérusalem, pour lui dire « Dégage »…

2- Le président du parlement, l’islamiste, Rached Ghannouchi, 79 ans, avec 52 élus sur 217, n’arrive pas lui aussi à gouverner… Ses opposants ont défilé le samedi 20 mars 2021 pour lui dire « Dégage » : à Sfax, avec une grande marche organisée par les partisans de Abir Moussi (Parti destourien libre) et à Tunis, avec une autre grande marche organisée par les partisans supposés du Président de la République, Kaïs Saïed (sans parti).

Similitude : le mode de scrutin électoral est basé, en Israêl comme en Tunisie, sur les mêmes règles : répartition des sièges à la proportionnelle…

Différence : les médias (TV et journaux) israéliens ont largement couvert les manifs anti-Netanyahou ; les médias (TV et journaux) tunisiens ont accordé peu d’importance aux manifs de Sfax et de Tunis.

Manif à Madagascar, oct 2025


Manif à Tunis, janvier 2023


Manif à Tunis, janvier 2011


Manif à Paris, déc. 2018


Manif à Jérusalem, avril 2024









Histoire : L’imam parisien qui a sauvé des Juifs...

Décédé en 1961, Abdelkader Mesli, Algérien, était un homme pieux, un « juste ». Alors qu’il était imam à la Mosquée de Paris, pendant la Seconde guerre mondiale, Mesli a fait tout ce qu’il pouvait faire pour sauver des centaines de familles juives de la déportation dans les camps nazis, et donc de la mort.

Il l’avait fait, par amour de sa religion, par humanité : il a délivré des certificats de conversion à l’Islam à ces juifs français, il les a abrités au sein même de la mosquée, leur a donnés des bons de nourriture…

Reconnu comme un « juste », Mesli est entré dans l’histoire grâce aux archives qu’il a laissées à son fils.

Le 11 mars 2021, la Mairie de Paris a voté, à l’unanimité la décision de lui rendre un hommage officiel posthume et de donner son nom à une rue de Paris. Il fallait, selon la Mairie, « mettre à l’honneur un homme qui, au péril de sa propre vie, a sauvé des personnes d’une mort certaine ».

Vidéo sur l’histoire de cet homme, qui a honoré sa religion : France 2, 8 août 2016. 3’48

https://www.youtube.com/watch?v=bErwdRxQV4s

Ballade ou balade…

 

Les deux mots existent dans la langue française… Il y a une petite différence dans l’écriture, qui est une source d’erreur que le correcteur orthographique ne signale jamais et pour cause : les deux écritures sont valables, mais elles ne donnent pas le même sens…

L’un vient de l’autre. Explication.

Le mot « ballade » est entré en premier dans la langue, avec un sens musical : chanter une ballade (dico de 1422), un poème, un refrain… populaire, romantique…

De ce mot est né l'autre mot « balade ». Comment ?

Au Moyen-âge, il était courant que les mendiants se promènent en chantant… De là est né le verbe « balader » : aller mendier en chantant des ballades.

Le verbe est entré dans l’argot français en 1628. Le sens a évolué (1836) : marcher sans but. On les balade d’un point à un autre : on les transporte… Aller en flânant (1836), Promener (1885). Depuis, on dit couramment : allons se balader ! Faisons une balade ! (une promenade).

On peut toujours faire une « balade » en chantant des « ballades »…

Mendiants qui chantent des ballades

Balade et ballade

Promenade familiale

Pourquoi le cœur qui symbolise l’amour est-il traversé par une flèche ?

C'est dans une fable issue de la mythologie romaine… Résumé :

Cupidon est le fils de Vénus, déesse de la beauté et de Mars, Dieu de la guerre. Cupidon incarne la beauté et le désir…

Mais voilà que Jupiter, Dieu des Dieux, s’inquiète des pouvoirs de séduction de Cupidon. Il ordonne à Vénus d’éloigner son fils…

Ça tombe bien… Vénus est jalouse de Psyché, la plus belle parmi les mortelles…

Elle accepte d’éloigner son fils vers le monde des mortels, mais décide de l’armer avec un étui plein de flèches spéciales : les flèches de l’amour. Quand la pointe de la flèche ardente perce un homme et une femme, les deux tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre (le coup de foudre). Elle charge son fils de tirer sur Psyché et sur le plus laid des hommes…

Mais en visant Psyché, Cupidon se blesse avec la flèche qui va directement toucher Psyché… Le sort est jeté : Cupidon et Psyché tombent amoureux… Et leur aventure commence avec les efforts vains de Vénus pour les séparer…

La même fable est reprise dans la mythologie grecque avec Eros dans le rôle de Cupidon.

Cette fable a donné naissance à des milliers d’œuvres : des peintures et des sculptures, des contes et des poèmes, notamment Apulée et La Fontaine.

Dans les temps modernes, la flèche qui transperce le cœur est un message d’amour adressé à la personne aimée : le coup de foudre équivaut à la rapidité de la flèche…

Proverbe : « Le lierre meurt où il s'attache. »

C’est un proverbe français du Moyen-âge qui trouve ses racines dans la civilisation celtique : les Celtes ont dominé une grande partie de l’Europe durant une douzaine de siècles avant J.-C. Ils ont été battus par les Germains et achevés par les Romains après deux siècles de lutte.

Le lierre est toujours bien enraciné dans la culture européenne. « Je meurs où je m’attache, ma fidélité durera jusqu’à la mort. »

C’était la plante sacrée des druides (à la fois savants et religieux respectés dans la société celte) : dans les mariages que les druides célébraient, les poignets des mariés étaient reliés par une liane de lierre dans le but de confirmer et renforcer leur amour.

Les Grecs anciens ont utilisé le même symbole (couronne de lierre sur la tête pour honorer le Dieu Dionysos). De même que les Pharaons qui ont illustré avec le lierre l’idée d’immortalité (Dieu Osiris).

Au Moyen Âge, le lierre est devenu le symbole de l’amour que l’épouse porte à son époux : tel le lierre qui s’accroche, elle étreint son mari dans le bonheur et le malheur jusqu’à la mort.

Aujourd’hui, le lierre symbolise « la fidélité et l’attachement car il s’accroche et grimpe partout grâce à ses tiges. Il symbolise également la vie éternelle car c’est une plante toujours verte, persistante » (extrait du site de Delphine et Marie, "pensées du jardin").

Pourquoi l’amour est associé au cœur ?

Dans l’antiquité, les femmes et les hommes croyaient que le « cœur » (organe vital humain) contenait l’âme. Il était, à leurs yeux, le centre du pouvoir, et donc celui qui contrôle l’amour…

Le cœur était ainsi considéré comme le siège des émotions… Quand on aime, on sent le cœur palpiter, battre intensément… Nos ancêtres avaient conclu que les pensées amoureuses et contraires naissaient dans notre poitrine, notre cœur.

Les connaissances scientifiques modernes n’ont pas démenti cette croyance ancestrale, mais elles l’ont recadrée : le sentiment amoureux est le résultat d’une interaction complexe entre différentes parties du cerveau (instinct, émotion, logique…) et le cœur. Mais c’est le cerveau qui fait office de « centre de contrôle » des émotions. Ou la parole se libère (et on ose dire « je t’aime ») ou elle se freine et on temporise, on raisonne : le cœur cesse alors de battre la chamade et l’amour passe...

On peut donc continuera à prétendre que l’on aime avec le cœur. A défaut d’être le « décideur », le cœur demeure le passage obligé de l’élan amoureux. C’est grâce à lui, et pas au cerveau, que l’on ressent - physiquement - le frémissement idéal...

Mais, attention, le symbole de l’amour en forme de « cœur » ne vient pas de l’organe lui-même mais de la feuille de lierre…

Explication : Dans la Grèce antique, le lierre était associé à la vigne. Pour les adorateurs de Dionysos, dieu du vin et des plaisirs, le lierre était réputé pour sa longévité : sa feuille symbolisait alors l’amour durable. Et ce symbole demeure toujours vivace.

D’où vient ce mot ? Amour

 

Le sentiment amoureux existe depuis la nuit des temps… Il est mystérieux (lorsqu’il est pur). Mais depuis quand l’appelle-t-on « amour » en français ?

Réponse : seulement depuis le 16e siècle…

Auparavant, le mot était « ameur », transformation normale du latin « amor » (du verbe amare = aimer).

La règle était que les mots latins qui finissent par « or » se terminent en français en « eur ». Exemples : labor = labeur ; favor = faveur ; rigor = rigueur ; rancor = rancœur…

Vous imaginez-vous dire aujourd’hui à votre chéri(e) : « mon ameur » ?

La transformation en « our » s’est imposée grâce aux troubadours occitans (originaires de la région du sud-ouest de la France). Ces troubadours voyageaient de ville en ville pour gagner leur vie en chantant et racontant des histoires coquines et amusantes : les spectateurs les entendaient prononcer « amour » au lieu de « amor » ou « ameur »…

Progressivement, sur deux ou trois siècles, le parler occitan s’est imposé dans toute la France et le mot « amour » est entré dans les dictionnaires… Au 17e siècle, le mot passe du genre féminin au genre masculin : un amour. Mais, au pluriel, les « amours » s’écrivent au féminin. On dit : il ou elle a connu ses premières amours ; il ou elle file le parfait amour.

D’où viennent ces mots : Maman, papa

 Avant l’invention du mot « maman », il y a avait le mot « mère » dont l’origine remonte à la naissance des premières langues latines archaïques (il y a plus de 2 200 ans). La femme qui enfante était appelée « ma-ter » ou « ma-tar » : la racine « ma » signifiant créatrice, matrice. On disait « pater » ou « pa-tar » (racine pe : protecteur) pour le père…

Mais comment est-on passé à « maman » et papa ?

Le terme « maman » est apparu en 1680 dans le dictionnaire de César-Pierre Richelet, lexicographe français (1626-1698) écrit sous la forme : « m’ama’m’, mot issu des premières bribes prononcées par un bébé. On entend, selon les onomatopées, des « ma », « mm », « ba », « be »…

Quand la mère entend l’appel de son bébé, elle accourt pour lui donner la tétée et s’assurer de son hygiène. Le bébé apprend à utiliser ces premières syllabes labiales (prononcées par les lèvres) pour appeler : "maaa ma", « ma’ma » (qui deviendra en latin « mama », les seins, les mamelles)… Les sons « b » ou « p » sont associés au père.

Richelet s’est appuyé, en fait, sur les travaux de recherche de son compatriote, l’historien-grammairien Gilles Ménage (1613-1692). Ce dernier publia, en 1650, un traité sur les « Origines de la langue française » où il a signalé, pour la première fois, le mot « maman » lequel, disait-il, a été forgé « par la nature même dans la bouche de l’enfant » .

Maman et papa viennent donc de la transcription des premiers balbutiements du bébé adressés aux personnes les plus proches de lui…

Le linguiste danois, Otto Jespersen (1860-1943) écrit dans sa genèse des langues (publiée en 1922) : « Il est très naturel que la mère, qui entend l’appel de son enfant, prenne le « son » (qu’elle entend) comme si l’enfant l’appelait « maman », et, comme elle vient fréquemment au berceau, l’enfant lui-même apprend à mieux utiliser ces syllabes quand il veut l’appeler. »



Et Flaubert créa Salammbô !

 

Prénom d’une femme fatale, Salammbô a été inventé en 1862 par l’écrivain français Gustave Flaubert (1821-1880). Aujourd’hui, c’est le nom d'un quartier qui se trouve à la sortie de Carthage, en allant vers le Kram. Plus qu'un quartier, le prénom mythique de Salammbô appartient au patrimoine immatériel de la Tunisie. Dommage qu'il ne soit pas « exploité » comme il se doit en faveur du tourisme culturel…

Au cours de 2021-2022, Salammbô sera célébré en grandes pompes en France, à l’occasion de la commémoration du bicentenaire de la naissance de son auteur Flaubert. Les amoureux de Salammbô n’ont pas oublié d’associer à cette célébration des personnalités tunisiennes et le musée du Bardo… Un grand merci !

L’histoire de Salammbô

Après avoir écrit Madame de Bovary (1857), Flaubert a trouvé dans la belle l’histoire carthaginoise une inspiration de génie : Salammbô… Il a « inventé » cette héroïne lors de son voyage exploratoire à Carthage (avril – juin 1858). Et elle a fait le titre de son roman d’amour et de guerre.

Un roman qui commence par cette phrase devenue célèbre :

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar… ».

Salammbô, prototype de la femme fatale, est une fille mythique attribuée à Hamilcar Barca (né en 290 av.J.-C. et en mort en 228). Le général carthaginois n’a eu, en vrai, que trois garçons : Hannibal, Hasdrubal et Magon.

Flaubert a créé ce prénom à partir du mot phénicien : Shalambaal (image de Baal, dieu suprême).

Le roman est tissé sur une histoire d’amour passionnel entre une fille noble et un soldat barbare : Salaambô, fille du général carthaginois et prêtresse de Tanit (déesse de Carthage), et Mathô, un chef soldat mercenaire révolté contre Carthage…

Flaubert y a planté le décor mêlant le vrai (guerres puniques, luttes d’influence, éléphants, lions...) et l’imaginaire (sacrifices, trahisons, fureurs…). Je vous laisse lire le roman…


D’où vient cette expression : Se battre contre des moulins à vent

Cette expression signifie, à l’origine : se battre contre un ennemi imaginaire, lutter contre des choses qui n'existent pas et donc, sans possibilité de gagner.

Elle a été tirée de l’œuvre la plus célèbre de l’écrivain espagnol, Miguel de Cervantes (1547-1616) : L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, publié en 1605 et considéré comme le premier roman moderne.

L’auteur dépeint les pérégrinations de son héros, Don Quichotte, qui se bat pour le Bien de l’humanité et contre le Mal. Don Quichotte rencontre sur son trajet des « moulins à vent » qu’il voit pour la première fois de sa vie… Il pense que ces géants « qui gesticulent » personnifient le Mal. Il décide de les abattre… Mais les ailes du moulin le déstabilisent, il tombe de son cheval et reste impuissant face à ces diables…

« Se battre contre des moulins à vent » est reprise comme expression qui désigne quelqu’un qui lutte contre un ennemi inconnu et ne parvient pas à le vaincre…

L’expression se propage en France (17e siècle) puis dans le monde francophone.

Aujourd’hui, le sens a évolué : se battre contre des fantômes, parler pour ne rien dire… Quelqu’un qui se bat contre des moulins à vent est traité comme « fou », « ridicule »…

Cette expression est réapparue à Tunis à la faveur d’une pièce de théâtre « Don Quichotte », jouée à la Cité de la culture (Tunis), le 4 et 5 mars. Une adaptation de Chedli Arfaoui.

Hasard ou pas, le 6 mars, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, évoque « les batailles contre les moulins à vent » qui ne l’intéressent pas ». Allusion aux tiraillements qui dominent la scène politique tunisienne depuis quelques mois entre le « trio » des dirigeants : le président de la République, le chef du gouvernement et le président du parlement.

Pour les curieux :

Les moulins à vent ont été inventés par les Perses (an 620) pour l’irrigation. De là, la technique s’était répandue dans le monde pour produire de l’électricité.

D’où vient ce mot : hélicoptère

Ce mot a été inventé bien avant l’avion (voir mon post d’hier). Il est le fruit d’un ingénieur français Gustave de Ponton d'Amécourt (1825-1888).

Créé en 1861, il est la fusion de deux mots grecs : « helix » (spirale) et de « pteron » (aile).

Mais son projet n'a pas abouti. Ni celui de son ami, Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle (1812-1886), qui a imaginé un modèle doté d'un moteur à vapeur (1863). Voir images.

L’hélicoptère se révéla plus compliqué à faire que l’avion. Le premier modèle opérationnel ne sera lancé qu'en 1936 : le gyroplane. Conçu par deux super ingénieurs français, Louis Charles Breguet (1880-1955) et René Dorand (1898-1981), il réussira à voler pendant une heure à une vitesse de 121 km/h.

L’industrie mondiale de l’hélico se développera avec la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Images :

1. Projet conçu par Gustave de Ponton d'Amécourt, 1861.

2. Hélicoptère imaginaire, mû par un moteur à vapeur, conçu par Gabriel de la Landelle, 1863.

3. Le Gryroplane de Breguet-Dorand, 1933.

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Quand le Maroc rattrapera-t-il la Tunisie ?

 

Le Produit intérieur brut (PIB) par habitant est une excellente mesure pour comparer la richesse économique « officielle » de deux ou plusieurs pays comparables. Comme la Tunisie et le Maroc.

Le PIB total mesure, en valeur, toutes les marchandises et tous les services produits au cours d’une année à l’intérieur du pays par ses habitants « actifs ». Il s’agit évidemment des activités du secteur formel (déclaré). Il ne reflète donc pas le rôle du secteur « informel » (non déclaré) qui est bien développé dans les deux pays.

Pour faire la comparaison, il faut seulement prendre les chiffres d’une même source méthodologique et statistiquesr. C’est ce que j’ai fait pour le PIB par habitant de la Tunisie et du Maroc sur une période 2000-2024.

Eh bien, la Tunisie qui a toujours affiché un PIB/hab largement supérieur à celui du Maroc commence à perdre du terrain. Et je pense qu’elle va être rattrapée d’ici 2025 ou 2026.

Voir infographie de ma fabrication (chiffres de la Banque mondiale).






D’où vient ce mot : avion

 

Ce mot français est dérivé du latin « avis » qui signifie « oiseau » plus l’ajout du suffixe « on ».

Il a été créé en 1875 par Clément Ader (1841-1925), ingénieur français, premier à avoir réussi à faire décoller un engin motorisé en 1890. Il a conçu plusieurs prototypes pour l’armée française, précurseurs des avions à moteur.

Mais si Clément Ader a inventé le mot « avion » (comme nom propre déposé par un brevet en 1890), il ne parviendra pas à développer son avion. Il s’arrête après la version III faute de financements publics et de maîtrise du décollage…

Soutenus par l’US Army, les frères Wright parviendront, après plusieurs essais, à maitriser le pilotage de leur Flyer (1903—1908).

Mais ils seront vite dépassés par le français Louis Blériot (1872-1936), précurseur de l’aviation française. Le 25 juillet 1909, il réussira l’exploit d'effectuer le premier vol (la traversée aérienne de la Manche), à bord de son avion Blériot XI. Il mettra 37 mn à parcourir 35 km à une vitesse moyenne de 57 km/h et une altitude moyenne de 100 m.

Cette prouesse technique ouvrira la voie au développement de l’aviation militaire et civile. Et c’est pendant la Première Guerre mondiale (1914-18) que le mot avion entrera vraiment dans le langage courant à la place d’aéroplane… Il a été officialisé dans la langue française le 5 avril 1912 « pour rendre hommage au premier homme qui ait jamais volé, le Français Clément Ader ».

Images

• Icare : la légende grecque du vol d'Icare ou le désir de voler, vue par le peintre français Landon (1761-1826). Icare est mort après avoir volé trop près du Soleil avec des ailes de cire et de plumes…

• Avion III de Clément Ader (1897)

• Avion de Blériot XI (1909) – qui a servi pour la traversée de la Manche







Pourquoi on doit dire « atterrir sur Mars » et non « amarsir » ?

 

A ce jour, six engins sont partis de la Terre et ont atterri avec succès sur le sol de Mars. Le premier lancement a eu lieu en 1975, le dernier en juillet 2020. Le rover Curiosity a atterri sur Mars le 18 février 2021.

Depuis donc 1975, l’Académie française refuse d’admettre le verbe « amarsir » et préfère garder le verbe « atterrir ». Pourquoi donc ?

En anglais, il n’y a pas de problème : on utilise toujours le même verbe : To land (atterrir) et landing (atterrissage). Car, en langue anglaise, on distingue bien entre la planète Terre (Earth) et la terre (Land).

En français, on distingue les deux seulement avec la majuscule : la planète Terre (avec T) et la terre, au sens sol, avec t. D’où la décision de l’Académie française de garder le verbe : atterrir, avec comme définition : se poser sur le sol…

L’Académie avait aussi refusé le verbe « alunir » - admis pourtant dans le langage courant et adopté par les dictionnaires parce qu’il est « joli », contrairement à « amarsir »…

Le verbe « atterrir » a plusieurs sens

A l'origine, le verbe atterrir concerne la navigation fluviale : "Il est défendu d’atterrir", c’est-à-dire de déposer ou de jeter de la terre et autres déchets dans le fleuve (arrêté municipal du 24 juin 1777). Ces déchets atterrissaient sur le lit du fleuve et risquaient d’obstruer le canal. Atterrir signifiait alors « remplir de terre ». « Le lac se rétrécit, s'atterrit. » « Les barrages furent promptement atterris» (1869).

Son sens a évolué pour signifier qu’un bateau s’est approché de la terre ferme : il a atterri = il a touché terre. « La chaloupe a atterri à marée montante. » L’écrivain Jules Verne l’a utilisé en 1873 : « Le capitaine de ce navire a l'intention d'atterrir. »

C’est avec le développement de l’aviation dans les années 1910 que le mot a pris un sens nouveau et dominant : reprendre contact avec le sol, toucher le sol (atterrir, atterrissage, termes adoptés en 1921).

Et le verbe « amerrir » ?

Il est apparu en 1928 avec les hydravions : avion qui se pose sur la surface de la mer. On dit « amerrissage ». Adopté par l'Académie française, Amerrir signifie : reprendre contact avec la mer et, par extension, avec l’eau. On peut dire qu’un hydravion a amerri sur un lac, sur un fleuve ou un plan d’eau…


D’où vient ce mot : électricité

Je dois tout de suite vous préciser que le mot « électricité » a précédé l’invention plus tardive de l’électricité.

Le mot vient du grec « électron ». Et on le doit au grand savant grec du 7e siècle avant notre ère, Thalès de Milet. Au cours de ses expériences, il observa minutieusement les propriétés de l’ambre jaune, une résine naturelle très appréciée depuis l’antiquité. L’ambre jaune avait, en effet, la capacité, après été frottée avec les mains, d’attirer des matériaux légers tels que les duvets, les tissus ou brins de paille…Ce phénomène, Thalès l’avait appelé « électron » et il l’avait décrit dans ses travaux sur la physique qui sont considérés aujourd’hui comme la source de nos premières connaissances de l’électricité…
Il faudra attendre le 17e siècle de notre ère pour que l’on passe du mot grec « électron » aux mots anglais « electric » puis « electricity ». Et ce passage on le doit au savant anglais de Colchester, William Gilbert (1544-1603). Lors de ses travaux sur le magnétisme, il s’était évidemment intéressé à l’ambre jaune. Et il avait appelé en 1600 ce phénomène de l’attraction : electricity, dérivé du terme electric lequel vient de l’électron. Le terme français « électricité » sera tiré directement du terme anglais un siècle plus tard, en 1720. L’invention de l’électricité ne commencera qu’à partir de 1800 avec la création de la première pile électrique, puis en 1822 avec le moteur électrique et en 1879 avec la première ampoule électrique… Et la lumière fût !

D’où vient la couleur orange de la carotte ?

 

La carotte, fruit ou légume aux multiples bienfaits, est, la plupart du temps, produite et vendue dans sa couleur « orange ». Mais cette couleur n’est pas sa couleur originelle.

En effet, plante sauvage à ses débuts, la carotte était de couleur très foncée (violette, noire). Ses premières racines ont été découvertes en Asie, notamment dans les régions actuelles de l’Iran et de l’Afghanistan. Selon les spécialistes, son ADN remonte à plus de 5 000 ans. Son goût était amer, presque pas comestible, et son usage était plus concentré sur ses feuilles persillées…
Les Musulmans qui ont conquis l’Asie, l’Afrique du Nord puis l’Espagne au 7e siècle avaient emporté la carotte sauvage dans leurs caravanes et l’avaient cultivée en Andalousie jusqu’à leur défaite au 15e siècle…
Reprise et domestiquée par les agriculteurs européens, elle prend plusieurs couleurs – blanche, rouge, jaune – et devient plus goûteuse.
Au 16e siècle, l’Espagne devient à son tour conquérante… Les Européens du Nord se battent contre les Espagnols et obtiennent leur indépendance. Grâce notamment à la combativité et à la clairvoyance du prince Guillaume Ier d'Orange-Nassau (1533-1584), les Pays-Bas acquièrent leur indépendance...
C’est en hommage au « père de la Patrie » que les agriculteurs néerlandais parviennent après plusieurs croisements à trouver la bonne couleur de leur nouvelle identité nationale, l'orange…
Avec un gout savoureux, cette couleur déclinée aujourd’hui en plusieurs variétés, dominera toutes les autres mais ne les fera pas disparaître.

Langage : la différence entre Chi'isme et schisme…

 

Ces deux termes ont la même phonétique mais pas la même signification religieuse à l'origine…

Le schismatique est celui qui opère un schisme : une séparation. Son histoire remonte loin dans les écritures bibliques.
Le premier schisme marque la séparation des tribus hébraïques en deux royaumes (voir image) : le Royaume d’Israël (situé au nord de l'actuel pays) et le Royaume de Juda (sud du pays).
Des schismes, il y en aura plusieurs dans les religions judéo-chrétiennes, ainsi que dans la religion musulmane.
Les plus importants sont ceux qui ont séparé les Chrétiens entre eux (Catholiques et Protestants) et les Musulmans entre eux (Sunnites et Chi'ites).
Le premier a séparé les partisans de l’église vaticane (dirigée par un Pape) et les partisans d'une relation directe avec Dieu. Ces derniers ne reconnaissent pas l’institution de la papauté et ne suivent pas les mêmes dogmes que les Catholiques.
Chez les Musulmans, on retrouve une séparation similaire, entre les Sunnites et les Chiites. Les premiers avaient approuvé la succession du Prophète Mahomet telle qu’elle a été décidée en catimini au profit du calife Abou Bakr. Ceux qu'on appellerait plus tard les Chiites ont rejeté cette succession, préférant la nomination d'un membre de la famille du Prophète, et pas n'importe lequel : Ali, cousin germain et gendre du Prophète. C'est de ce désaccord qu'est né le mouvement chiite, qui rassemblera les partisans de l'époque et les adeptes futurs de l'imam Ali.
L’orthographe et la prononciation des deux mots diffèrent légèrement : schisme et chiisme. Mais la signification religieuse n'était pas la même à l'origine.
Le schisme signifie "séparation, scission entre les membres d'un même groupe". Ce mot vient du grec « skhisma » (division, coupure), repris par le Latin (schisma) puis le français (schisme). Ce qui opère le schisme est appelé schismatique.
Le deuxième mot « chi'isme » ou « shi'isme » vient lui de l’arabe « shi’a » : شيعة. Ce terme est utilisé dans le Coran pour qualifier les « partisans » d'un prophète : Noé, Moïse, Abraham, Jésus… C'est le sens initial. Il désignera après la mort du Prophète les partisans d'Ali : les chi’ites (shi’ites), dérivé du mot shi'a.
Les Shi'ites ont donc commis un schisme. A l'instar des Protestants, ils ne reconnaissent pas les dogmes des Sunnites…

La différence entre quintal et quinte…

 

Il est souvent utile de rappeler quelques éléments du langage courant… Exemple :

Certains s’interrogent parfois sur le poids du quintal. Pensant que le mot vient de la quinte, c’est-à-dire du chiffre 5, ils concluent que 1 quintal = 50 kg.

Faux. Le quintal pèse 100 kg… Et le mot ne vient donc pas de quinte. Mais, figurez-vous, il est dérivé de l’arabe : quentar ( قِنْطار ). Ce passage de l’arabe au français date du 13e siècle (vers 1220). Les savants arabes ne l’avaient pas inventé, mais ils l’avaient transcrit du grec qu’ils avaient appris et traduit en arabe : kentēnárion (prononcer "quentarium" qui a évolué en quentar). Mais les Grecs eux-mêmes l’avaient emprunté au latin : centenarium…

Et quid du mot « quinte » diriez-vous ?

Le sens original de ce mot nous vient de la musique. Il est passé du latin (quintus) au français au 14e siècle (1372) : la quinte c’est l’intervalle entre deux notes séparées par cinq degrés…

Le mot a ensuite eu, en plus, autres significations selon les usages : les joueurs de cartes parlent d’une quinte lorsqu'ils ont une suite de cinq cartes. Les parieurs de courses ont inventé le quinté en 1622 pour prédire les cinq chevaux qui arriveront aux cinq premières places. En termes de santé, les médecins parlent d’une quinte de toux (à partir de 1644) quand l’accès de toux revient toutes les cinq heures…

samedi 28 février 2026

Guerre contre l'Iran : que peuvent faire les Etats libres ?

Les Etats que je considèrent comme libres sont ceux qui reconnaissent à la fois l'existence de l'Etat israélien et celle de l'Etat palestinien...

Les Etats-Unis et Israël attaquent conjointement l'Iran dans le but déclaré d'abbatre le régime, et pas seulement - comme par le passé - pour détruire son potentiel supposé d'armes nucléaires et balistiques.  

Cette guerre nouvelle répond à un seul objectif véritable : neutraliser le dernier allié sur Terre de l''Etat palestinien. Israël a déjà neutralisé le bras armé et religieux de l'Iran, le Hamas. Mais, Trump et Netanyahou tiennent à cette guerre pour des raisons intérieures : leur pouvoir est menacé par les prochaines échéances électorales. La guerre permanente est un alibi, une parade... 

Pour eux, l'Iran est une cible facile : honni à juste titre par une bonne partie de son peuple, le régime moyen-ageux iranien est fragilisé... Mais s'il tient bon, la guerre sera "longue" et meurtruère. L'issue démocratique post-guerre esr très hypothétique quand des forces intérieures adverses disposent des moyens de faire la guerre civile, comme c'est le cas en Libye, Syrie, Yémen, Irak, Afghanistan... Des pays qui ont été libérés de leur dictateur par l'Occident... et qui ont sombré dans l'anarchie. 

Cette guerre folle, que l'Onu n'est pas capable d'arrêter (assommée qu'elle l'est depuis l'arrivée au pouvoir de Trump II) et que le monde dit démocratique observe sans bouger, démontre une seule chose : la force aveugle ignore la justice. La région du Proche Orient ne connaitra pas la paix sans une solution juste pour le peuple palestinien soumis au joug d'Israël... 

Depuis l'arrêt du processus de paix d'Oslo en 1993 par la seule volonté d'une frange de la société israélienne (ultranationaliste) qui a assissiné Y. Rabin, partisan de la paix, le problème palestinien est en panne. Aujourd'hui, on veut abattre le régime iranien, non pas pour instaurer la démocratie en Iran, mais pour éliminer physiquement les derniers soutiens extérieurs de peuple palestinien. Personne parmi les centaines d'analystes de la guerre contre l'Iran n'a évoqué le "lien" de cette guerre avec la Palestine... Aveuglement sournois !

Un espoir demeure... En faisant une recherche toute simple, je découvre qu'il y a exactement 124 pays dans le monde (sur 195) qui ont officiellement admis le droit à l'existence d'Israël et de la Palestine. 124, c'est énorme.

Ces 124 pays peuvent bouger, à l'initiative de quelques leaders "moteurs"... Tôt ou tard, les USA et Israël devront malgré eux s’incliner devant l’écrasante majorité des pays qui veulent la paix en Palestine, une paix sans laquelle il ne peut y avoir une paix dans la région.

L’Espagne a pris une position politique très forte, malgré les menaces israéliennes… Son Premier ministre, Pedro Sanchez, a déclaré le 28 mai que la reconnaissance de la Palestine est "une nécessité" pour "parvenir à la paix mondiale". Car cette décision n'est que "justice", a précisé le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares. "Les Palestiniens ont le droit d'avoir un Etat, comme les Israéliens ont ce droit", a-t-il expliqué à Bruxelles.

Depuis 2020, la plupart des régimes arabes du Golfe et du Maghreb ont abandonné les Palestiniens à leur triste sort. Ils ont été embrigadés par le camp des US et des IS ("accords dit d'Abraham", ce prophète doit se retourner dans sa tombe). Tous les descendants d'Abraham ont le droit de vivre en paix ! Les droits bibliques ne sont pas l'apanage des Hébreux. 

Voici, en 7 tableaux, l'état de la reconnaissance de l'Etat d'Israël et de l'Etat de Palestine. Ce rapprochement, vous ne le trouverez nulle part. C'est une création personnelle.





 
















vendredi 27 février 2026

Ramadan 2030 : il y en aura deux...

 

Il y aura deux Ramadan qui commenceront en 2030

Habituellement, il n'y en qu'un ! Mais en raison du calendrier lunaire, qui régit l'année musulmane depuis l'Hégire, le Ramadan recule de 11 jours en moyenne par rapport au calendrier solaire Grégorien*.

Ce décalage se répercute au fils du temps... Il arrive ainsi que deux mois de Ramadan se situe dans une même année solaire : le premier en janvier et le deuxième en décembre. Cet événement survient tous les 32-33 ans.

C'est déjà arrivée en :

1930 : Le Ramadan de l’année Hégire 1317 a débuté le 3 janvier 1900 et le Ramadan de 1318 commença             le 3 décembre 1900.

1932 : Le 1er jour du Ramadan de l'an 1350 (10 janvier) et le 1er jour du Ramadan 1351 (29 décembre)

Idem pour les années 1965, 1997… .

La prochaine fois que cela va arriver, ce sera en 2030 : les Musulmans commenceront à jeûner le 5 ou 6 janvier 2030 (Ramadan de 1451 H) et à nouveau le 26 décembre 2030 (Ramadan de 1452 H)…

* À la demande du pape Grégoire XIII (13), en 1579, des mathématiciens et des astronomes biens choisis ont établi un nouveau calendrier solaire plus précis que le précédent. Il a été adopté progressivement par tous les Chrétiens à partir du 17e siècle. Ce calendrier est devenu la norme pour les pays du monde entier qui l’utilisent à des fins civiles ou administratives depuis le début du 20e siècle.

C’est quoi « ETRE EN PAIX »



1.- C’est d’abord un « modus operandi » personnel, que chacun devrait suivre dans sa vie de tous les jours. C’est une façon d’être zen.

On se réveille chaque matin en se disant : je m’aime tel que je suis, j’aime mon entourage, je ne cherche pas à faire le moindre mal à autrui… J’aime la vie. Je suis conscient que je vais mourir un jour, normal. Comme Tout humain, aussi puissant ou riche soit-il, je vais aux WC... Je ris, je pleurs. Mais je ne tendrais pas la main pour vivre. Je ferais tout ce que je peux pour rester en bonne santé (éviter les excès) et avoir des ressources (suffisantes) pour pouvoir subvenir à mes besoins.

On s’endort chaque soir en se disant : je n’ai rien à me reprocher, je n’ai pas de dettes impossibles à honorer, je peux dormir tranquille.

Tel est le B.A. – BA d’une vie « équilibrée », sans être monotone. D’une vie qui n’exclut pas le progrès, le mieux être, l’aventure, la prise de risque…


2.- Qu’est-ce qui peut « dérégler » le « vivre en paix » ?

C’est la quête du gain matériel comme objectif en soi : devenir constamment plus riche, penser à l’argent sans cesse ;

C’est la volonté de dominer au sens large du terme : dominer l’autre, commander, subordonner, maltraiter, en amour comme au travail.


En vrac, car chaque point est en soi important pour « être en paix » avec soi-même et avec les autres :

  1. Etre honnête, intègre. Ne pas tricher. Ne pas (se) mentir.

  2. Ne pas être jaloux (maladif).

  3. Eviter la solitude. Ne pas vivre en ermite.

  4. Ne pas ruminer, se lamenter constamment, râler.

  5. S’accepter, s’aimer, tel qu’on est physiquement (son corps), culturellement (ses origines).

  6. Se donner le droit à l’erreur ; on ne peut toujours avoir raison ; on peut toujours réussir.

  7. Dire bonjour, sourire aux autres, c’est gratuit.

  8. Croire en sa chance, en ses capacités.

  9. Ne pas garder des regrets (s’en défaire vite, autocritique), des remords (idem).

  10. Ne pas se faire tourmenter à cause d’un fait de jeunesse, d’un accident, d’une action malheureuse, en s’ouvrant aux autres ou à un confident. Autoanalyse, catharsis.

  11. Etre libre dans sa pensée, sans soumission à un Etre ou un Dieu tout puissant.

  12. Etre à la fois cartésien, un peut philosophe (à la Spinoza).

  13. Etre sentimental.

  14. Ne pas chercher le bonheur en soi, car il est la résultante d’une série d’actions, de hasards…

  15. Ne pas fuir la vérité.

  16. Ne pas se punir.

  17. Ne pas être fat.

  18. Ne jamais se sous-estimer. Comme dans la fable du grillon qui reprochait à la Nature de ne pas l’avoir fait

  19. papillon.

  20. Ne pas pester contre la pluie ou le vent.

  21. Ne jamais s’endetter outre-mesure.

  22. Savoir se défendre, ne jamais baisser les bras.

  23. Ne pas soumettre au destin divin, ne pas démissionner (moralement).

  24. Se retrousser les manches et se dire : je suis cap, mais je suis patient : le travail, rien que le travail, peu à peu, la chance finira par sourire aux vertueux. Il faut avoir raison garder.

  25. Exclure le suicide : c’est la conséquence d’un désespoir absolu, d’un abandon.

jeudi 26 février 2026

Pourquoi faire du Bien quand on peut faire du Mal ?

 

Une question de société, d'éducation, de morale

Cette question me taraude depuis quelque temps. Et je me décide d’écrire après mon dernier voyage européen (en Scandinavie) et en raison de l’actualité internationale : la visite du président américain Obama, le 27 mai, au Japon pour montrer au peuple japonais – et rendre hommage aux habitants de Hiroshima de Nagasaki – que l’Amérique a enterré définitivement la hache de guerre (après les bombardements atomiques d’août 1945 et l’occupation américaine qui s’en est suivie jusqu’en 1952).

Deuxième fait d’actualité, la commémoration du centenaire de la Bataille de Verdun (1916), le 28 mai, par le président français François Hollande, et la chancelière allemande Angela Merkel. Ce geste s’ajoute aux précédents, notamment la poignée de main historique entre François Mitterrand et Helmut Kohl en 1984, qui ont scellé la réconciliation franco-allemande.

Ce qui frappe l’esprit de quelqu’un comme moi, qui a vécu tant d’accolades de réconciliations arabo-arabes ou afro-africaines, c’est la sincérité de ces gestes euro-européens ou nippo-américains. Une fois on se réconcilie dans les pays civilisés du Nord, on repart de l’avant dans une coopération humaine et économique paisible. C’est tout le contraire de ce qui passe au Sud : l’hypocrisie des accolades et des gestes fraternels… Qui ne règle rien, pire qui aggrave la situation… D’où ma question : Pourquoi faire du Bien quand on peut facilement faire le Mal ? Et je vais vous le prouver.

Il n’y a que les imbéciles, les idiots, les narcissiques, les têtus, les mégalomanes, les corrompus, bref, les irresponsables, qui choisissent le « Mal » parce qu’ils sont incapables de faire le « Bien » (toute connotation religieuse mise à part). Ceux-là sévissent malheureusement dans les pays du Sud depuis trop longtemps en mettant leurs « intérêts égoïstes » avant l’intérêt général de la Nation. Je ne veux pas dire par là que les gens du Nord font tous le « Bien », ce qui serait une aberration. Je veux dire que les gens de Bien sont extrêmement minoritaires dans les pays Sud, qu’ils sont soit silencieux, soit soumis, et certainement incapables de faire bouger les choses (régimes politiques non démocratiques, ou pseudo-démocratiques dominés par les puissants lobbies financiers ou autres).

Les faits parlent d’eux-mêmes.

Mon dernier voyage* en Scandinavie m’a fait connaître l’histoire de pays qui autrefois se sont fait la guerre : la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark. Aujourd’hui, ces pays voisins vivent en paix, coopèrent, échangent… Les populations ne sont pas éduquées pour se haïr les uns les autres, mais pour se respecter, s’accepter dans leurs différences culturelles et historiques***. Nulle idée de refaire la guerre demain.

La France et l’Angleterre ont une histoire chargée : la guerre de cent ans (1337-1453), les guerres post-Révolution française (1792-1802), les guerres napoléoniennes (1803-1815)… Ces deux pays – du sommet de l’Etat à la base – vivent en paix, coopèrent, se font concurrence, se jalousent… Mais ils sont en paix une fois pour toute. Et c’est dans leur intérêt réciproque.

C’est toute l’Europe occidentale qui vit aujourd’hui en paix entre elle-même, avec une coopération bien ancrée (Union européenne, zone euro, zone Schengen, espace économique européen élargi aux pays non membres de l’UE). Ce qui n’exclut ni les rivalités, ni les mésententes, ni les divisions potentielles (comme le referendum au Royaume-Uni du 23 juin qui risque de déboucher sur une sortie de l’UE). Il est certain que le ciment économique et les échanges de biens et de personnes (des centaines de milliers d’avions, de trains, d’autocars, de camions sillonnent chaque jour l’Europe occidentale, à l’instar du système nerveux humain) sont devenus tels qu’un retour en arrière est impossible. Les deux Grandes guerres du XXe siècle sont bel et bien révolues.

Je peux dire la même chose de la paix qui règne en Asie (après les guerres du Pacifique de 1941-1945, la guerre d’Indochine de 1946-1954, la guerre de Corée de 1950-1953. Le Japon, la Chine, l’Inde et l’Australie ne pensent plus qu’à la paix, seul moyen de garantir le progrès économique et social.

Il y a bien, là aussi, un pays qui demeure en marge, hanté par l’esprit du Mal (la Corée du Nord), et quelques reliques de la guerre froide…

Mais que dire du « monde musulman », de l’Afghanistan au Yémen, de la Syrie à la Libye, de la Palestine ? Rien de bon.

Regardez, par exemple, une carte de l’Afrique et du Moyen-Orient. Voyez le nombre de conflits ouverts ou latents qui existent, le nombre de dictateurs, et diriez-vous que ce sont les peuples qui veulent cela ? Impossible. Ce sont les dirigeants, de haut en bas de la hiérarchie, qui ne veulent pas que leurs citoyens vivent en paix. Parce que des citoyens en paix peuvent devenir exigeants et réclamer l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, la liberté, la transparence et la démocratie. Mais des citoyens qui arrivent à peine à manger et qui vivent constamment dans la peur du lendemain, l’insécurité et la haine du voisin (savamment inculquée par leurs dirigeants). Ces citoyens-là resteront soumis et leurs chefs demeureront au pouvoir jusqu’au bout (sans limitation, sauf celle de la mort ou du coup d’Etat).


Pourquoi diriez-vous que le Maroc et l’Algérie, deux grands voisins, vivent toujours, par la volonté de leurs dirigeants dans un état de ni-guerre ni paix (frontières terrestres fermées depuis longtemps) ? A cause de rivalités entre personnes, à cause surtout d’une absence de responsabilité, d’un sens aigu de l’intérêt général : depuis la fin de la « guerre des sables » (1963-1964), les deux pays n’ont jamais su faire la paix et tirer un trait final sur leurs divergences, même après le traité de l’Union du Maghreb arabe (UMA), signé à Marrakech en 1989 – j’étais présent !).

Après le conflit bilatéral, leur « haine » réciproque s’est raccrochée sur le conflit du Sahara occidental (ex-territoire espagnol revendiqués par le Maroc, la Mauritanie et les autochtones, les Sahraouis). Ce conflit, qui a duré de 1975-1991, est depuis vingt-ans dans l’impasse (avec la présence des soldats de l’Onu qui surveillent l’armistice). A cause de ce conflit, qui attise en permanence la haine entre les deux pays, et les accrochages verbaux, rien ne peut se faire au sein du Maghreb, ni espace économique commun, ni monnaie unique, rien de vraiment déterminant en faveur du progrès économique et social de presque 100 millions d’habitants. Pourquoi ? Si ce n’est la volonté aveugle de faire du « Mal » en cherchant à satisfaire les « égo » des militaires et de ceux qui les soutiennent. Des militaires qui coûtent aux deux pays des milliards de dollars chaque année (de l’argent qui aurait pu servir à construire des écoles, des hôpitaux, des routes et des usines).


Pourquoi la Somalie n’est-elle pas en paix depuis la guerre de l’Ogaden (avec l’Ethiopie), depuis la chute du régime dictatorial de Siad Barre en 1991 ? Le peuple de ce pays, pris en otage, est victime de l’anarchie et de la barbarie de groupuscules prétendument islamiques, dont la force est tirée de l’ignorance des gens, de leurs faiblesses, de l’état de survie dans lequel elles se trouvent.


Pourquoi le Soudan, qui devait être le « grenier » du monde arabe (ah, le rêve des années soixante-dix, j’étais encore présent lors du lancement du programme de la Ligue arabe : exploiter les vastes terres du Nil), a sombré dans la guerre de sécession (le Sud-Soudan est devenu indépendant en 2011), l’instabilité (après la chute du dictateur Gaafar Nimeiri auquel a succédé un autre dictateur) et les calculs politiques étroits des dirigeants arabes. Au Soudan Nord, c’est encore un régime militaro-islamiste qui règne…


Pourquoi le Yémen ne s’en sort jamais ? La guerre civile actuelle, attisée par l’Arabie saoudite et les conflits d’égo et de croyance. C’est encore une plaie béante dans le « monde musulman », maintenue ouverte par la volonté des pseudos gadiens des Lieux Saints de l’Islam.

Ajoutez à cela la guerre entre l’Irak et l’Iran, l’invasion du Koweït par l’Irak, la destruction de l’Irak de Saddam Hussein (par la coalition arabo-américano-occidentale), la renaissance d’un Irak nouveau mais extrêmement fissuré (qui a donné naissance à une entité islamique barbare), l’affaiblissement pour longtemps encore de la Syrie (minée par la dictature depuis 1970 et la guerre civile depuis 2011 et les interventions extérieures) et l’anéantissement de la Libye (où les groupuscules islamiques ne cessent de s’entretuer depuis la chute d’un autre dictateur illuminé qui a sévi de 1969 à 2011)… et vous obtiendrez une carte éloquente de la bêtise humaine incommensurable dans cette région dont l’Islam est supposé être sa principale religion.


Je n’ai pas encore évoqué le conflit israélo-palestinien qui sévit, en fait, depuis 1917. En politique, il y a des faits accomplis dont il faut savoir tirer la conséquence : l’état d’extrême faiblesse et de soumission des Palestiniens a favorisé l’émergence de l’Etat d’Israël. Oui, c’est un fait, reconnu par la Communauté internationale en 1948, que les Palestiniens et les Arabes musulmans n’ont toujours pas admis (du moins de juré). L’Allemagne de Hitler a bien perdu la guerre. Les Allemands ont « acté » sa défaite, leur défaite. L’empire ottoman a bien été balayé. Les faits historiques similaires sont innombrables. Il faut savoir, à un moment, tirer un trait final sur un désastre. Et repartir sur de bons pieds. Mais si l’on continue à larmoyer et à vouloir « jeter Israël à la mer », c’est elle qui les jettera à la mer. Inutile de se leurrer.

Après les guerres catastrophiques de 1948, 1967 et 1973, après les Intifada en série, les Palestiniens et les Arabes auraient dû faire la paix. Ils se sont au contraire divisés : les uns étaient pour (et ils coopèrent aujourd’hui clairement avec Israël) et les autres sont restés contre…

Il faudrait, si la sagesse revient, que le Bien succède au Mal, que les uns et les autres, Palestiniens et Israéliens, retrouvent l’esprit - je ne dirais pas celui du leader tunisien Habib Bourguiba qui avait prôné dès 1965 la reconnaissance mutuelle et le partage du territoire conformément aux résolutions des Nations unies – de Yasser Arafat et de Yitzhak Rabin, à Oslo, en 1993. Malheureusement, ce n’est toujours pas le cas et rien ne permet de l’espérer dans un avenir proche et même lointain. Je reviens à mon leitmotiv, pourquoi faire du Bien quand on peut facilement (voire passionnément) faire le Mal ? Dans cette région du monde, terre des Dieux, ce sont paradoxalement l’intelligence et la tolérance qui font absolument défaut.


Malnoue 28 mai 2016


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* J’ai voyagé dans une cinquantaine de pays en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et aux Amériques.

** Je pense notamment à cette pratique géniale de la « cérémonie de confirmation » en Norvège qui forme les jeunes à bien passer le cap de l’adolescence à l’âge adulte : Konfirmasjon. https://en.wikipedia.org/wiki/Secular_coming-of-age_ceremony


mercredi 25 février 2026

1er gouvernement de la transition 2011

Annoncé par le PM Ghannouchi, le lundi 17 janvier peu avant 17h

La composition du gouvernement d'union nationale
- M. Mohamed Ghannouchi : Premier ministre
- M. Lazhar Karoui Chebbi : Ministre de la Justice
- M. Ridha Grira : Ministre de la Défense nationale
- M. Kamel Morjane : Ministre des Affaires étrangères
- M. Ahmed Friaa : Ministre de l'Intérieur
- M. Larbi Mizouri : Ministre des Affaires religieuses


- M. Ahmed Néjib Chebbi : Ministre du Développement régional et local
- M. Ahmed Ibrahim : Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
- M. Mustapha Ben Jaafar : Ministre de la Santé publique
- M. Mohamed Jegham : Ministre du Commerce et du Tourisme
- M. Taieb Baccouche : Ministre de l'Education
- M. Moncer Rouissi: Ministre des Affaires sociales
- M. Habib M'barek : Ministre de l'Agriculture et de l'Environnement
- M. Mohamed Nouri Jouini : Ministre de la Planification et de la Coopération internationale
- M. Mohamed Afif Chelbi : Ministre de l'Industrie et de la Technologie
- M. Zouheir M'dhaffer : Ministre auprès du Premier ministre, chargé du Développement administratif
- M. Ridha Chalghoum : Ministre des Finances
- Mme Moufida Tlatli : Ministre de la Culture
- Mme Lilia Labidi : Ministre des Affaires de la Femme
- M. Slaheddine Malouche : Ministre du Transport et de l'Equipement
- M. Houssine Dimassi : Ministre de la Formation professionnelle et de l'Emploi
- M. Mohamed Aloulou : Ministre de la Jeunesse et des Sports
- M. Abdeljelil Bédoui : Ministre auprès du Premier ministre
- M. Abdelhakim Bouraoui : Secrétaire général du Gouvernement
  Les secrétaires d'Etat :
- M. Ahmed Ounaies : secrétaire d'Etat auprès du ministre  des Affaires étrangères
- M. Radhouane Nouisser : secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères
- M. Néjib Karafi : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Développement régional et local
- Mme Fawzia Charfi : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Enseignement supérieur
- Mme Rifaat Chaabouni : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la recherche  scientifique
- M. Lamine Moulahi : secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Santé publique
- M. Abdelhamid Triki: secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Planification et de la Coopération internationale
- M. Abdelaziz Rassaa : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Industrie et de la Technologie, chargé de l'Energie
- M. Sami Zaoui : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Industrie et de la Technologie, chargé des technologies de la Communication
- M. Moncef Bouden : secrétaire d'Etat auprès du ministre des Finances, chargé de la Fiscalité
- M. Ahmed Adhoum : secrétaire d'Etat auprès du ministre des Finances, chargé des Domaines de l'Etat
- M. Slim Chaker : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Commerce et du Tourisme, chargé du Tourisme
- M. Anouar Ben Gueddour : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Transport et de l'Equipement
- M. Salem Hamdi : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Agriculture et de l'Environnement
- M. Slim Amamou : secrétaire d'Etat auprès du ministre de  la Jeunesse et des Sports
 D'autre part, M. Mustapha Kamel Nabli a été nommé  Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie.

samedi 24 janvier 2026

France : l'appel "Contre la reconnaissance d'un Etat palestinien" Une explication...

 

Charlotte Gainsbourg, Gisèle Halimi et la Palestine
Une vingtaine de personnalités françaises ont publiquement protesté contre la décision de l’État français de reconnaître l’État palestinien. Ils ont signé une pétition commune publiée uniquement dans le quotidien de droite Le Figaro (daté du 20 septembre).
Parmi les signataires classiques connues pour leur soutien à Israël, comme Bernard-Henri Lévy et Alain Minc, on trouve à leurs côtés et avec étonnement Charlotte Gainsbourg.
C’est étonnant parce que Charlotte est une personne jusque-là réputée pour sa droiture moraler et intellectuelle, qui l'a amenée à accepter d’incarner le rôle de la grande militante Gisèle Halimi dans une production cinématographique.
Qui connaît même un tout petit peu Gisèle Halimi ne peut ignorer les combats de cette dernière pour les causes justes.
Même si le film ne traite que du combat de Gisèle pour la liberté des femmes (avortement), il est impensable de jouer ce rôle et en même temps de signer une pétition contre la reconnaissance de la France du droit des Palestiniens à disposer d’un Etat à eux.
Le premier à avoir protesté contre Charlotte Gainsbourg jugée comme « anti-palestinienne », c’est le fils de Gisèle Halimi, Serge. Tiens ! Comme Serge Gainsbourg, le père de Charlotte,
« Le jour où le film sortira, Charlotte Gainsbourg sera peut-être interrogée sur la différence fondamentale entre le personnage qu’elle interprète et ses propres convictions qui la rangent dans le camp, peu honorable, des avocats inconditionnels d’Israël. » Tellement ulcéré, Serge Halimi conclut que sa mère (née en 1927-décédée en 2020) aurait lu la tribune signée par Charlotte avec « dégoût ».
Ecrit : 28 sept 2025

Texte complet de sa déclaration :