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vendredi 27 février 2026

C’est quoi « ETRE EN PAIX »



1.- C’est d’abord un « modus operandi » personnel, que chacun devrait suivre dans sa vie de tous les jours. C’est une façon d’être zen.

On se réveille chaque matin en se disant : je m’aime tel que je suis, j’aime mon entourage, je ne cherche pas à faire le moindre mal à autrui… J’aime la vie. Je suis conscient que je vais mourir un jour, normal. Comme Tout humain, aussi puissant ou riche soit-il, je vais aux WC... Je ris, je pleurs. Mais je ne tendrais pas la main pour vivre. Je ferais tout ce que je peux pour rester en bonne santé (éviter les excès) et avoir des ressources (suffisantes) pour pouvoir subvenir à mes besoins.

On s’endort chaque soir en se disant : je n’ai rien à me reprocher, je n’ai pas de dettes impossibles à honorer, je peux dormir tranquille.

Tel est le B.A. – BA d’une vie « équilibrée », sans être monotone. D’une vie qui n’exclut pas le progrès, le mieux être, l’aventure, la prise de risque…


2.- Qu’est-ce qui peut « dérégler » le « vivre en paix » ?

C’est la quête du gain matériel comme objectif en soi : devenir constamment plus riche, penser à l’argent sans cesse ;

C’est la volonté de dominer au sens large du terme : dominer l’autre, commander, subordonner, maltraiter, en amour comme au travail.


En vrac, car chaque point est en soi important pour « être en paix » avec soi-même et avec les autres :

  1. Etre honnête, intègre. Ne pas tricher. Ne pas (se) mentir.

  2. Ne pas être jaloux (maladif).

  3. Eviter la solitude. Ne pas vivre en ermite.

  4. Ne pas ruminer, se lamenter constamment, râler.

  5. S’accepter, s’aimer, tel qu’on est physiquement (son corps), culturellement (ses origines).

  6. Se donner le droit à l’erreur ; on ne peut toujours avoir raison ; on peut toujours réussir.

  7. Dire bonjour, sourire aux autres, c’est gratuit.

  8. Croire en sa chance, en ses capacités.

  9. Ne pas garder des regrets (s’en défaire vite, autocritique), des remords (idem).

  10. Ne pas se faire tourmenter à cause d’un fait de jeunesse, d’un accident, d’une action malheureuse, en s’ouvrant aux autres ou à un confident. Autoanalyse, catharsis.

  11. Etre libre dans sa pensée, sans soumission à un Etre ou un Dieu tout puissant.

  12. Etre à la fois cartésien, un peut philosophe (à la Spinoza).

  13. Etre sentimental.

  14. Ne pas chercher le bonheur en soi, car il est la résultante d’une série d’actions, de hasards…

  15. Ne pas fuir la vérité.

  16. Ne pas se punir.

  17. Ne pas être fat.

  18. Ne jamais se sous-estimer. Comme dans la fable du grillon qui reprochait à la Nature de ne pas l’avoir fait

  19. papillon.

  20. Ne pas pester contre la pluie ou le vent.

  21. Ne jamais s’endetter outre-mesure.

  22. Savoir se défendre, ne jamais baisser les bras.

  23. Ne pas soumettre au destin divin, ne pas démissionner (moralement).

  24. Se retrousser les manches et se dire : je suis cap, mais je suis patient : le travail, rien que le travail, peu à peu, la chance finira par sourire aux vertueux. Il faut avoir raison garder.

  25. Exclure le suicide : c’est la conséquence d’un désespoir absolu, d’un abandon.

jeudi 26 février 2026

Pourquoi faire du Bien quand on peut faire du Mal ?

 

Une question de société, d'éducation, de morale

Cette question me taraude depuis quelque temps. Et je me décide d’écrire après mon dernier voyage européen (en Scandinavie) et en raison de l’actualité internationale : la visite du président américain Obama, le 27 mai, au Japon pour montrer au peuple japonais – et rendre hommage aux habitants de Hiroshima de Nagasaki – que l’Amérique a enterré définitivement la hache de guerre (après les bombardements atomiques d’août 1945 et l’occupation américaine qui s’en est suivie jusqu’en 1952).

Deuxième fait d’actualité, la commémoration du centenaire de la Bataille de Verdun (1916), le 28 mai, par le président français François Hollande, et la chancelière allemande Angela Merkel. Ce geste s’ajoute aux précédents, notamment la poignée de main historique entre François Mitterrand et Helmut Kohl en 1984, qui ont scellé la réconciliation franco-allemande.

Ce qui frappe l’esprit de quelqu’un comme moi, qui a vécu tant d’accolades de réconciliations arabo-arabes ou afro-africaines, c’est la sincérité de ces gestes euro-européens ou nippo-américains. Une fois on se réconcilie dans les pays civilisés du Nord, on repart de l’avant dans une coopération humaine et économique paisible. C’est tout le contraire de ce qui passe au Sud : l’hypocrisie des accolades et des gestes fraternels… Qui ne règle rien, pire qui aggrave la situation… D’où ma question : Pourquoi faire du Bien quand on peut facilement faire le Mal ? Et je vais vous le prouver.

Il n’y a que les imbéciles, les idiots, les narcissiques, les têtus, les mégalomanes, les corrompus, bref, les irresponsables, qui choisissent le « Mal » parce qu’ils sont incapables de faire le « Bien » (toute connotation religieuse mise à part). Ceux-là sévissent malheureusement dans les pays du Sud depuis trop longtemps en mettant leurs « intérêts égoïstes » avant l’intérêt général de la Nation. Je ne veux pas dire par là que les gens du Nord font tous le « Bien », ce qui serait une aberration. Je veux dire que les gens de Bien sont extrêmement minoritaires dans les pays Sud, qu’ils sont soit silencieux, soit soumis, et certainement incapables de faire bouger les choses (régimes politiques non démocratiques, ou pseudo-démocratiques dominés par les puissants lobbies financiers ou autres).

Les faits parlent d’eux-mêmes.

Mon dernier voyage* en Scandinavie m’a fait connaître l’histoire de pays qui autrefois se sont fait la guerre : la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark. Aujourd’hui, ces pays voisins vivent en paix, coopèrent, échangent… Les populations ne sont pas éduquées pour se haïr les uns les autres, mais pour se respecter, s’accepter dans leurs différences culturelles et historiques***. Nulle idée de refaire la guerre demain.

La France et l’Angleterre ont une histoire chargée : la guerre de cent ans (1337-1453), les guerres post-Révolution française (1792-1802), les guerres napoléoniennes (1803-1815)… Ces deux pays – du sommet de l’Etat à la base – vivent en paix, coopèrent, se font concurrence, se jalousent… Mais ils sont en paix une fois pour toute. Et c’est dans leur intérêt réciproque.

C’est toute l’Europe occidentale qui vit aujourd’hui en paix entre elle-même, avec une coopération bien ancrée (Union européenne, zone euro, zone Schengen, espace économique européen élargi aux pays non membres de l’UE). Ce qui n’exclut ni les rivalités, ni les mésententes, ni les divisions potentielles (comme le referendum au Royaume-Uni du 23 juin qui risque de déboucher sur une sortie de l’UE). Il est certain que le ciment économique et les échanges de biens et de personnes (des centaines de milliers d’avions, de trains, d’autocars, de camions sillonnent chaque jour l’Europe occidentale, à l’instar du système nerveux humain) sont devenus tels qu’un retour en arrière est impossible. Les deux Grandes guerres du XXe siècle sont bel et bien révolues.

Je peux dire la même chose de la paix qui règne en Asie (après les guerres du Pacifique de 1941-1945, la guerre d’Indochine de 1946-1954, la guerre de Corée de 1950-1953. Le Japon, la Chine, l’Inde et l’Australie ne pensent plus qu’à la paix, seul moyen de garantir le progrès économique et social.

Il y a bien, là aussi, un pays qui demeure en marge, hanté par l’esprit du Mal (la Corée du Nord), et quelques reliques de la guerre froide…

Mais que dire du « monde musulman », de l’Afghanistan au Yémen, de la Syrie à la Libye, de la Palestine ? Rien de bon.

Regardez, par exemple, une carte de l’Afrique et du Moyen-Orient. Voyez le nombre de conflits ouverts ou latents qui existent, le nombre de dictateurs, et diriez-vous que ce sont les peuples qui veulent cela ? Impossible. Ce sont les dirigeants, de haut en bas de la hiérarchie, qui ne veulent pas que leurs citoyens vivent en paix. Parce que des citoyens en paix peuvent devenir exigeants et réclamer l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, la liberté, la transparence et la démocratie. Mais des citoyens qui arrivent à peine à manger et qui vivent constamment dans la peur du lendemain, l’insécurité et la haine du voisin (savamment inculquée par leurs dirigeants). Ces citoyens-là resteront soumis et leurs chefs demeureront au pouvoir jusqu’au bout (sans limitation, sauf celle de la mort ou du coup d’Etat).


Pourquoi diriez-vous que le Maroc et l’Algérie, deux grands voisins, vivent toujours, par la volonté de leurs dirigeants dans un état de ni-guerre ni paix (frontières terrestres fermées depuis longtemps) ? A cause de rivalités entre personnes, à cause surtout d’une absence de responsabilité, d’un sens aigu de l’intérêt général : depuis la fin de la « guerre des sables » (1963-1964), les deux pays n’ont jamais su faire la paix et tirer un trait final sur leurs divergences, même après le traité de l’Union du Maghreb arabe (UMA), signé à Marrakech en 1989 – j’étais présent !).

Après le conflit bilatéral, leur « haine » réciproque s’est raccrochée sur le conflit du Sahara occidental (ex-territoire espagnol revendiqués par le Maroc, la Mauritanie et les autochtones, les Sahraouis). Ce conflit, qui a duré de 1975-1991, est depuis vingt-ans dans l’impasse (avec la présence des soldats de l’Onu qui surveillent l’armistice). A cause de ce conflit, qui attise en permanence la haine entre les deux pays, et les accrochages verbaux, rien ne peut se faire au sein du Maghreb, ni espace économique commun, ni monnaie unique, rien de vraiment déterminant en faveur du progrès économique et social de presque 100 millions d’habitants. Pourquoi ? Si ce n’est la volonté aveugle de faire du « Mal » en cherchant à satisfaire les « égo » des militaires et de ceux qui les soutiennent. Des militaires qui coûtent aux deux pays des milliards de dollars chaque année (de l’argent qui aurait pu servir à construire des écoles, des hôpitaux, des routes et des usines).


Pourquoi la Somalie n’est-elle pas en paix depuis la guerre de l’Ogaden (avec l’Ethiopie), depuis la chute du régime dictatorial de Siad Barre en 1991 ? Le peuple de ce pays, pris en otage, est victime de l’anarchie et de la barbarie de groupuscules prétendument islamiques, dont la force est tirée de l’ignorance des gens, de leurs faiblesses, de l’état de survie dans lequel elles se trouvent.


Pourquoi le Soudan, qui devait être le « grenier » du monde arabe (ah, le rêve des années soixante-dix, j’étais encore présent lors du lancement du programme de la Ligue arabe : exploiter les vastes terres du Nil), a sombré dans la guerre de sécession (le Sud-Soudan est devenu indépendant en 2011), l’instabilité (après la chute du dictateur Gaafar Nimeiri auquel a succédé un autre dictateur) et les calculs politiques étroits des dirigeants arabes. Au Soudan Nord, c’est encore un régime militaro-islamiste qui règne…


Pourquoi le Yémen ne s’en sort jamais ? La guerre civile actuelle, attisée par l’Arabie saoudite et les conflits d’égo et de croyance. C’est encore une plaie béante dans le « monde musulman », maintenue ouverte par la volonté des pseudos gadiens des Lieux Saints de l’Islam.

Ajoutez à cela la guerre entre l’Irak et l’Iran, l’invasion du Koweït par l’Irak, la destruction de l’Irak de Saddam Hussein (par la coalition arabo-américano-occidentale), la renaissance d’un Irak nouveau mais extrêmement fissuré (qui a donné naissance à une entité islamique barbare), l’affaiblissement pour longtemps encore de la Syrie (minée par la dictature depuis 1970 et la guerre civile depuis 2011 et les interventions extérieures) et l’anéantissement de la Libye (où les groupuscules islamiques ne cessent de s’entretuer depuis la chute d’un autre dictateur illuminé qui a sévi de 1969 à 2011)… et vous obtiendrez une carte éloquente de la bêtise humaine incommensurable dans cette région dont l’Islam est supposé être sa principale religion.


Je n’ai pas encore évoqué le conflit israélo-palestinien qui sévit, en fait, depuis 1917. En politique, il y a des faits accomplis dont il faut savoir tirer la conséquence : l’état d’extrême faiblesse et de soumission des Palestiniens a favorisé l’émergence de l’Etat d’Israël. Oui, c’est un fait, reconnu par la Communauté internationale en 1948, que les Palestiniens et les Arabes musulmans n’ont toujours pas admis (du moins de juré). L’Allemagne de Hitler a bien perdu la guerre. Les Allemands ont « acté » sa défaite, leur défaite. L’empire ottoman a bien été balayé. Les faits historiques similaires sont innombrables. Il faut savoir, à un moment, tirer un trait final sur un désastre. Et repartir sur de bons pieds. Mais si l’on continue à larmoyer et à vouloir « jeter Israël à la mer », c’est elle qui les jettera à la mer. Inutile de se leurrer.

Après les guerres catastrophiques de 1948, 1967 et 1973, après les Intifada en série, les Palestiniens et les Arabes auraient dû faire la paix. Ils se sont au contraire divisés : les uns étaient pour (et ils coopèrent aujourd’hui clairement avec Israël) et les autres sont restés contre…

Il faudrait, si la sagesse revient, que le Bien succède au Mal, que les uns et les autres, Palestiniens et Israéliens, retrouvent l’esprit - je ne dirais pas celui du leader tunisien Habib Bourguiba qui avait prôné dès 1965 la reconnaissance mutuelle et le partage du territoire conformément aux résolutions des Nations unies – de Yasser Arafat et de Yitzhak Rabin, à Oslo, en 1993. Malheureusement, ce n’est toujours pas le cas et rien ne permet de l’espérer dans un avenir proche et même lointain. Je reviens à mon leitmotiv, pourquoi faire du Bien quand on peut facilement (voire passionnément) faire le Mal ? Dans cette région du monde, terre des Dieux, ce sont paradoxalement l’intelligence et la tolérance qui font absolument défaut.


Malnoue 28 mai 2016


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* J’ai voyagé dans une cinquantaine de pays en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et aux Amériques.

** Je pense notamment à cette pratique géniale de la « cérémonie de confirmation » en Norvège qui forme les jeunes à bien passer le cap de l’adolescence à l’âge adulte : Konfirmasjon. https://en.wikipedia.org/wiki/Secular_coming-of-age_ceremony


samedi 28 mai 2016

Pourquoi faire du Bien quand on peut facilement faire le Mal ?



Cette question me taraude depuis quelque temps. Et je me décide d’écrire après mon dernier voyage européen (en Scandinavie) et en raison de l’actualité internationale : la visite du président américain Obama, le 27 mai, au Japon pour montrer au peuple japonais – et rendre hommage aux habitants de Hiroshima de Nagasaki – que l’Amérique a enterré définitivement la hache de guerre (après les bombardements atomiques d’août 1945 et l’occupation américaine qui s’en est suivie jusqu’en 1952)*.
Deuxième fait d’actualité, la commémoration du centenaire de la Bataille de Verdun (1916), le 28 mai, par le président français François Hollande, et la chancelière allemande Angela Merkel. Ce geste s’ajoute aux précédents, notamment la poignée de main historique entre François Mitterrand et Helmut Kohl en 1984, qui ont scellé la réconciliation franco-allemande.
Ce qui frappe l’esprit de quelqu’un comme moi, qui a vécu tant d’accolades de réconciliations arabo-arabes ou afro-africaines, c’est la sincérité de ces gestes euro-européens ou nippo-américains. Une fois on se réconcilie dans les pays civilisés du Nord, on repart de l’avant dans une coopération humaine et économique paisible. C’est tout le contraire de ce qui passe au Sud : l’hypocrisie des accolades et des gestes fraternels… Qui ne règle rien, pire qui aggrave la situation… D’où ma question : Pourquoi faire du Bien quand on peut facilement faire le Mal ? Et je vais vous le prouver.
Il n’y a que les imbéciles, les idiots, les narcissiques, les têtus, les mégalomanes, les corrompus, bref, les irresponsables, qui choisissent le « Mal » parce qu’ils sont incapables de faire le « Bien »  (toute connotation religieuse mise à part). Ceux-là sévissent malheureusement dans les pays du Sud depuis trop longtemps en mettant leurs « intérêts égoïstes » avant l’intérêt général de la Nation. Je ne veux pas dire par là que les gens du Nord font tous le « Bien », ce qui serait une aberration. Je veux dire que les gens de Bien sont extrêmement minoritaires dans les pays Sud, qu’ils sont soit silencieux, soit soumis, et certainement incapables de faire bouger les choses (régimes politiques non démocratiques, ou pseudo-démocratiques dominés par les puissants lobbies financiers ou autres).
Les faits parlent d’eux-mêmes.
Mon dernier voyage** en Scandinavie m’a fait connaître l’histoire de pays qui autrefois se sont fait la guerre : la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark. Aujourd’hui, ces pays voisins vivent en paix, coopèrent, échangent… Les populations ne sont pas éduquées pour se haïr les uns les autres, mais pour se respecter, s’accepter dans leurs différences culturelles et historiques***. Nulle idée de refaire la guerre demain.
La France et l’Angleterre ont une histoire chargée : la guerre de cent ans (1337-1453), les guerres post-Révolution française (1792-1802), les guerres napoléoniennes (1803-1815)… Ces deux pays – du sommet de l’Etat à la base – vivent en paix, coopèrent, se font concurrence, se jalousent… Mais ils sont en paix une fois pour toute. Et c’est dans leur intérêt réciproque.
C’est toute l’Europe occidentale qui vit aujourd’hui en paix entre elle-même, avec une coopération bien ancrée (Union européenne, zone euro, zone Schengen, espace économique européen élargi aux pays non membres de l’UE). Ce qui n’exclut ni les rivalités, ni les mésententes, ni les divisions potentielles (comme le referendum au Royaume-Uni du 23 juin qui risque de déboucher sur une sortie de l’UE). Il est certain que le ciment économique et les échanges de biens et de personnes (des centaines de milliers d’avions, de trains, d’autocars, de camions sillonnent chaque jour l’Europe occidentale, à l’instar du système nerveux humain) sont devenus tels qu’un retour en arrière est impossible. Les deux Grandes guerres du XXe siècle sont bel et bien révolues.
Je peux dire la même chose de la paix qui règne en Asie (après les guerres du Pacifique de 1941-1945, la guerre d’Indochine de 1946-1954, la guerre de Corée de 1950-1953. Le Japon, la Chine, l’Inde et l’Australie ne pensent plus qu’à la paix, seul moyen de garantir le progrès économique et social.
Il y a bien, là aussi, un pays qui demeure en marge, hanté par l’esprit du Mal (la Corée du Nord), et quelques reliques de la guerre froide…
Mais que dire du « monde musulman », de l’Afghanistan au Yémen, de la Syrie à la Libye, de la Palestine ? Rien de bon.
Regardez, par exemple, une carte de l’Afrique et du Moyen-Orient. Voyez le nombre de conflits ouverts ou latents qui existent, le nombre de dictateurs, et diriez-vous que ce sont les peuples qui veulent cela ? Impossible. Ce sont les dirigeants, de haut en bas de la hiérarchie, qui ne veulent pas que leurs citoyens vivent en paix. Parce que des citoyens en paix peuvent devenir exigeants et réclamer l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, la liberté, la transparence et la démocratie. Mais des citoyens qui arrivent à peine à manger et qui vivent constamment dans la peur du lendemain, l’insécurité et la haine du voisin (savamment inculquée par leurs dirigeants). Ces citoyens-là resteront soumis et leurs chefs demeureront au pouvoir jusqu’au bout (sans limitation, sauf celle de la mort ou du coup d’Etat).

Pourquoi diriez-vous que le Maroc et l’Algérie, deux grands voisins, vivent toujours, par la volonté de leurs dirigeants dans un état de ni-guerre ni paix (frontières terrestres fermées depuis longtemps) ? A cause de rivalités entre personnes, à cause surtout d’une absence de responsabilité, d’un sens aigu de l’intérêt général : depuis la fin de la « guerre des sables » (1963-1964), les deux pays n’ont jamais su faire la paix et tirer un trait final sur leurs divergences, même après le traité de l’Union du Maghreb arabe (UMA), signé à Marrakech en 1989 – j’étais présent !).
Après le conflit bilatéral, leur « haine » réciproque s’est raccrochée sur le conflit du Sahara occidental (ex-territoire espagnol revendiqués par le Maroc, la Mauritanie et les autochtones, les Sahraouis). Ce conflit, qui a duré de 1975-1991, est depuis vingt-ans dans l’impasse (avec la présence des soldats de l’Onu qui surveillent l’armistice). A cause de ce conflit, qui attise en permanence la haine entre les deux pays, et les accrochages verbaux,  rien ne peut se faire au sein du Maghreb, ni espace économique commun, ni monnaie unique, rien de vraiment déterminant en faveur du progrès économique et social de presque 100 millions d’habitants. Pourquoi ? Si ce n’est la volonté aveugle de faire du « Mal » en cherchant à satisfaire les « égo » des militaires et de ceux qui les soutiennent. Des militaires qui coûtent aux deux pays des milliards de dollars chaque année (de l’argent qui aurait pu servir à construire des écoles, des hôpitaux, des routes et des usines).

Pourquoi la Somalie n’est-elle pas en paix depuis la guerre de l’Ogaden (avec l’Ethiopie), depuis la chute du régime dictatorial de Siad Barre en 1991 ? Le peuple de ce pays, pris en otage, est victime de l’anarchie et de la barbarie de groupuscules prétendument islamiques, dont la force est tirée de l’ignorance des gens, de leurs faiblesses, de l’état de survie dans lequel elles se trouvent.

Pourquoi le Soudan, qui devait être le « grenier » du monde arabe (ah, le rêve des années soixante-dix, j’étais encore présent lors du lancement du programme de la Ligue arabe : exploiter les vastes terres du Nil), a sombré dans la guerre de sécession (le Sud-Soudan est devenu indépendant en 2011), l’instabilité (après la chute du dictateur Gaafar Nimeiri auquel a succédé un autre dictateur) et les calculs politiques étroits des dirigeants arabes. Au Soudan Nord, c’est encore un régime militaro-islamiste qui règne…

Pourquoi le Yémen ne s’en sort jamais ? La guerre civile actuelle, attisée par l’Arabie saoudite et les conflits d’égo et de croyance. C’est encore une plaie béante dans le « monde musulman », maintenue ouverte par la volonté des pseudos gadiens des Lieux Saints de l’Islam.
Ajoutez à cela la guerre entre l’Irak et l’Iran, l’invasion du Koweït par l’Irak, la destruction de l’Irak de Saddam Hussein  (par la coalition arabo-américano-occidentale), la renaissance d’un Irak nouveau mais extrêmement fissuré (qui a donné naissance à une entité islamique barbare), l’affaiblissement pour longtemps encore de la Syrie (minée par la dictature depuis 1970 et la guerre civile depuis 2011 et les interventions extérieures) et l’anéantissement de la Libye (où les groupuscules islamiques ne cessent de s’entretuer depuis la chute d’un autre dictateur illuminé qui a sévi de 1969 à 2011)… et vous obtiendrez une carte éloquente de la bêtise humaine incommensurable dans cette région dont l’Islam est supposé être sa principale religion.

Je n’ai pas encore évoqué le conflit israélo-palestinien qui sévit, en fait, depuis 1917. En politique, il y a des faits accomplis dont il faut savoir tirer la conséquence : l’état d’extrême faiblesse et de soumission des Palestiniens a favorisé l’émergence de l’Etat d’Israël. Oui, c’est un fait, reconnu par la Communauté internationale en 1948, que les Palestiniens et les Arabes musulmans n’ont toujours pas admis (du moins de juré). L’Allemagne de Hitler a bien perdu la guerre. Les Allemands ont « acté » sa défaite, leur défaite. L’empire ottoman a bien été balayé. Les faits historiques similaires sont innombrables. Il faut savoir, à un moment, tirer un trait final sur un désastre. Et repartir sur de bons pieds. Mais si l’on continue à larmoyer et à vouloir « jeter Israël à la mer », c’est elle qui les jettera à la mer. Inutile de se leurrer.
 Après les guerres catastrophiques de 1948, 1967 et 1973, après les Intifada en série, les Palestiniens et les Arabes auraient dû faire la paix. Ils se sont au contraire divisés : les uns étaient pour (et ils coopèrent aujourd’hui clairement avec Israël) et les autres sont restés contre…
Il faudrait, si la sagesse revient, que le Bien succède au Mal, que les uns et les autres, Palestiniens et Israéliens, retrouvent l’esprit - je ne dirais pas celui du leader tunisien Habib Bourguiba qui avait prôné dès 1965 la reconnaissance mutuelle et le partage du territoire conformément aux résolutions des Nations unies – de Yasser Arafat et de Yitzhak Rabin, à Oslo, en 1993. Malheureusement, ce n’est toujours pas le cas et rien ne permet de l’espérer dans un avenir proche et même lointain. Je reviens à mon leitmotiv, pourquoi faire du Bien quand on peut facilement (voire passionnément) faire le Mal ? Dans cette région du monde, terre des Dieux, ce sont paradoxalement l’intelligence et la tolérance qui font absolument défaut.


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** J’ai voyagé dans une cinquantaine de pays en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et aux Amériques.
*** Je pense notamment à cette pratique géniale de la « cérémonie de confirmation » en Norvège qui forme les jeunes à bien passer le cap de l’adolescence à l’âge adulte : Konfirmasjon. Voir : http://mylittlenorway.com/2011/05/the-norwegian-confirmation/ Voir aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Secular_coming-of-age_ceremony

jeudi 24 mars 2016

La démocratie face au néo-terrorisme




Les terroristes – pseudo djihadistes - ont horreur de la démocratie, ils sont sanguinaires, barbares, sans foi ni loi. Ils jouissent du mal qu'ils font aux autres et plus on parle d'eux plus leurs commanditaires jubilent...
Notre néo-démocratie n'a toujours pas trouvé ni la méthode ni les moyens pour les neutraliser, les punir, les éradiquer. Elle est encore trop timorée.
Le néo-terroriste, jeune de moins de trente ans, ne réfléchit pas. Il est aveuglé par la haine, avec un visage blafard et une volonté bestiale. Il ne veut plus vivre avec nous, parmi nous, il veut nous détruire tout simplement.
Et nous, comment réagit-on ? Nous, l’Autorité – personnifiée par ses élus, son gouvernement, sa justice, sa police, son armée, etc. -  passe son temps à réfléchir. Elle prend des gants et applique le droit démocratique... Nous, les victimes, on se lamente, puis on passe à autre chose...
La méthode pour extirper le mal est pourtant simple : dès que la Police ou l’Armée identifie ou attrape  un terroriste, pris les armes de la terreur à la main, on doit pouvoir le juger, selon la procédure des flagrants délits, sans trop attendre. Les terroristes identifiés doivent être jugés immédiatement par contumace et, s’ils sont reconnus coupables, doivent être condamnés, eux et leurs complices avérés, à une peine unique et irréductible : la perpétuité.
Face à une situation exceptionnelle,  l’Autorité décide de l’Etat d’urgence, de la contre-lutte armée… Mais nos lois restent celles des situations « ordinaires ». Face au néo-terrorisme, il faut, en plus, changer les lois car les victimes ne peuvent attendre des années avant de voir juger les terroristes.
La nouvelle loi devrait permettre de les passer en jugement sans attendre ceci ou cela, surtout sans leur permettre de louvoyer avec la loi, de la manipuler avec l’aide de leurs avocats... S'est-on jamais inquiété de savoir qui paie et comment les avocats du terroriste ?
Donc, je veux dire que notre Etat se doit d’adapter l'arsenal juridique, dans le respect d'une démocratie bien comprise (après tout, c'est elle qui est visée à travers ce néo-terrorisme). Les terroristes et les apprentis complices doivent, en effet, savoir qu'ils risquent de passer le restant de leur vie en prison.
Notre jeune démocratie doit, en effet, dissuader les jeunes qui souhaitent rejoindre le camp terroriste et leurs complices, de passer à l’action : la sanction sera implacable et immédiate. Depuis deux ou trois, des centaines de terroristes ont été arrêtés. A ma connaissance, aucun d'entre eux n'a encore été jugé ! De quoi alimenter des doutes sur la capacité et le sérieux de notre Etat, de nos procureurs, de notre justice. Tant d’efforts, tant de souffrances de la part de ceux qui les ont arrêtés ne méritent pas cette triste fin.
Bien sûr qu’il y aura des gens, des élus et des droits-de-l’hommistes naifs ou malintentionnés, pour croire que le terroriste a ses droits, celui d’être jugé comme les autres. Mais le terroriste est-il un homme ou une femme comme les autres ? Non. Devrons-nous laisser notre jeune démocratie se noyer dans les procédures judiciaires ? Je vous laisse répondre.
Face à une situation nouvelle et exceptionnelle, il faut une législation anti-terroriste tout aussi exceptionnelle.