mercredi 26 janvier 2011

Pour une Charte de la Révolution

J'invite tous les jeunes qui ont participé à cette Révolution à rédiger une Charte de la Révolution. Pourquoi ? Pour préserver les idéaux de la Révolution : liberté, égalité, fraternité, laïcité. Et pour favoriser un retour au civisme. Du temps de l'ancien régime, les valeurs les plus élémentaires ont été bafouées : non respect de l'autre, non respect de la loi, non respect du bien public. A cela s'ajoutaient le mensonge, la tricherie, l'escroquerie...

La Charte sera écrite par les jeunes "en direct" via Internet (Facebook, Twitter...). Elle pourra être enrichie au fur et à mesure. Elle mettra le retour au "civisme" à la tête des priorités. Que signifie le civisme ? Faire la queue pour attendre son tour devant un guichet, dans une boulangerie, etc.; S'interdire de dire de gros mots en public; Ne pas jeter du plastique, un paquet de cigarettes, un pot de yaourt, etc., dans la rue ou à travers la vitre d'une voiture... Respecter son environnement public comme on respecterait son propre intérieur.

Une des manifestations de la vie post-14 janvier est la liberté. Mais liberté ne rime pas avec anarchie. Face au vide laissé par les agents de police et les agents municipaux, certains Tunisiens ont fait preuve d'un égoïsme sans limite : non respect des règles élémentaires de la vie en commun, construction ultra-rapide sans permis de construire, commerce informel deux fois plus répandue qu'avant (vente sur le trottoir de produits alimentaires, vente de carburants...). Ces pratiques informelles risquent de s'incruster dans la vie de tous les jours, ce qui est nuisible au secteur formel : les magasins qui ont des employés, qui paient des taxes et autres charges... Ces petites entreprises risquent de mourir. Qui va perdre ? Nous, tous les Tunisiens, la Tunisie.

Une Charte civique peut donc appeler au boycott des anarchistes, de ceux qui appellent au régionalisme étriqué, aux grèves sans motifs clairs. Il ne s'agit pas d'interdire les étals justifiés dans certains endroits - places de marché, et autres lieux autorisés - il s'agit de ne pas transformer notre pays en un vaste marché noir, non réglementé, non sécurisé. Si on laisse faire aujourd'hui les vendeurs ambulants de carburants, demain on aura des médicaments en vente sur le trottoir. Attention, trop de liberté tue la liberté. Le dicton dit que la liberté s'arrête au bout du nez, quand commence celle de l'autre.

La rédaction de cette Charte globale de la vie citoyenne ne doit pas venir d'en haut. Mais des jeunes, de la base. On se donne des valeurs à respecter, des règles de conduite. A vos plumes donc !

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