mercredi 19 janvier 2011

Tunisie : à bas les sbires du régime de Ben Ali encore au pouvoir

Je félicite le Peuple tunisien - avec un grand P - pour sa victoire contre la dictature. En quelques jours, il a su se mobiliser pour renverser le régime de Ben Ali qui a gangrené l'ensemble du pays depuis 23 ans. Les martyrs de cette Révolution historique ont droit à ce que leurs noms soient inscrits comme les "Shouhada" de la guerre d'évacuation de Bizerte.

J'appelle les nouvelles autorités pour qu'elles annoncent immédiatement, sans attendre, les décisions suivantes :

1- de recenser le noms de tous les martyrs tombés sous les balles de Ben Ali et de ses sbires, et de leur donner le nom de "Shouhada";

2- de féliciter l'armée, véritablement populaire ;

3- de faire leur mea-culpa : les nouveaux dirigeants provisoires sont, le Peuple le sait, issus du régime de Ben Ali. Pour qu'ils gagnent la confiance du Peuple, ils devront sans tarder se démarquer de l'ancien régime, faire leur mea- culpa et demander pardon au Peuple ;

4- d'annoncer immédiatement la nationalisation de tous les biens appartenant aux familles Ben Ali e Trabelsi : les biens immobiliers, les entreprises qu'elles possèdent en tout ou en partie, les terrains industriels et agricoles, les actifs bancaires... Certains biens pourraient, après vérification, être rétrocédés à leurs anciens propriétaires injustement expropriés ou abusés ;

5- de limoger, juger et sanctionner tous les complices qui ont aidé la famille Ben Ali à s'approprier les biens privés et publics : certains de ses complices sont encore au sein de l'Etat : à la Banque centrale (avec à sa tête le gouverneur actuel qui a été limogé le 17 janvier et qui doit rendre des comptes à la Justice), dans les divers ministères (notamment ceux de la Privatisation, des Domaines de l'Etat, des Finances, du Commerce, des Transports, des Télécoms...), dans les douanes, l'Aviation civile (notamment les dirigeants de Tunisair qui ont aidé à la création de Carthago), dans la Bourse de Tunis et des autorités du marché financier (qui ont aidé au montage des opérations boursières des Trabelsi et Sakher El Materi), dans les Banques et ailleurs : à l'Utica (dont le président est un allié notoire du régime), ainsi que les commissaires aux comptes, les notaires, les avocats véreux et autres associés et prêtes-nom... Sans l'aide de tous ces complices, les familles Ben Ali et Trabelsi n'auraient jamais pu accomplir leur forfait.

6- de dissoudre le parti RCD et toutes ses dépendances, cellules etc., de réquisitionner - comme biens de l'Etat - le siège du Parti sur l'avenue Mohamed V et autres biens (voitures, comptes bancaires, etc.).

7- de dissoudre l'ATCE, l'outil de propagande de Madame et de Monsieur Ben Ali, financé par les deniers de l'Etat; et de juger les responsables directs et indirects (les Abdallah et les Romdhani) et demander des comptes à tous ceux qui ont bénéficié des largesses de l'ATCE : pseudo écrivains, pseudo journalistes, publicitaires, entreprises de presse...

8- de dissoudre les associations créées par le clan Ben Ali, notamment Basma (sic), et de confisquer leurs biens;

9- de clôturer le compte 26-26 et de mettre tout l'argent qu'il contient dans un Fonds spécial - à créer -  pour indemniser, en priorité les citoyens victimes des casseurs, et plus généralement les victimes des clans Ben Ali et Trabelsi (qui ont mis la main sur des biens privés);

10- de lancer des enquêtes pour recenser le "patrimoine" des familles Ben Ali et Trabelsi sur l'ensemble du territoire tunisien et à l'étranger ;

11- de lancer un appel aux Etats étrangers pour geler les avoirs de ces familles - la France l'a annoncé le 16 janvier - en attendant d'en faire la demande officielle : je pense à tous les Etats, sans oublier les "paradis fiscaux", comme Dubaï et les Bahamas.

12. Éradiquer "le 7-novembre" de tous les noms de rue, de lieu, etc. Détruire la fameuse place de l'Horloge sur l'avenue Mohamed V de Tunis, et la remplacer par un monument à la gloire du Peuple uni et solidaire contre toutes les dictatures passées et à venir. Redonner à la place du 7-nov de Tunis le nom de "Mohamed Bouazizi", le nom des autres martyrs pourrait lui aussi être donné à des avenues sur l'ensemble du territoire tunisien.

Ces annonces immédiates permettront de rétablir l'autorité de l'Etat, en attendant, bien sûr, leur formulation précise par des actes juridiques (pris par le futur gouvernement d'Union nationale).

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