dimanche 1 mars 2026

D’où vient ce mot : avion

 

Ce mot français est dérivé du latin « avis » qui signifie « oiseau » plus l’ajout du suffixe « on ».

Il a été créé en 1875 par Clément Ader (1841-1925), ingénieur français, premier à avoir réussi à faire décoller un engin motorisé en 1890. Il a conçu plusieurs prototypes pour l’armée française, précurseurs des avions à moteur.

Mais si Clément Ader a inventé le mot « avion » (comme nom propre déposé par un brevet en 1890), il ne parviendra pas à développer son avion. Il s’arrête après la version III faute de financements publics et de maîtrise du décollage…

Soutenus par l’US Army, les frères Wright parviendront, après plusieurs essais, à maitriser le pilotage de leur Flyer (1903—1908).

Mais ils seront vite dépassés par le français Louis Blériot (1872-1936), précurseur de l’aviation française. Le 25 juillet 1909, il réussira l’exploit d'effectuer le premier vol (la traversée aérienne de la Manche), à bord de son avion Blériot XI. Il mettra 37 mn à parcourir 35 km à une vitesse moyenne de 57 km/h et une altitude moyenne de 100 m.

Cette prouesse technique ouvrira la voie au développement de l’aviation militaire et civile. Et c’est pendant la Première Guerre mondiale (1914-18) que le mot avion entrera vraiment dans le langage courant à la place d’aéroplane… Il a été officialisé dans la langue française le 5 avril 1912 « pour rendre hommage au premier homme qui ait jamais volé, le Français Clément Ader ».

Images

• Icare : la légende grecque du vol d'Icare ou le désir de voler, vue par le peintre français Landon (1761-1826). Icare est mort après avoir volé trop près du Soleil avec des ailes de cire et de plumes…

• Avion III de Clément Ader (1897)

• Avion de Blériot XI (1909) – qui a servi pour la traversée de la Manche







Pourquoi on doit dire « atterrir sur Mars » et non « amarsir » ?

 

A ce jour, six engins sont partis de la Terre et ont atterri avec succès sur le sol de Mars. Le premier lancement a eu lieu en 1975, le dernier en juillet 2020. Le rover Curiosity a atterri sur Mars le 18 février 2021.

Depuis donc 1975, l’Académie française refuse d’admettre le verbe « amarsir » et préfère garder le verbe « atterrir ». Pourquoi donc ?

En anglais, il n’y a pas de problème : on utilise toujours le même verbe : To land (atterrir) et landing (atterrissage). Car, en langue anglaise, on distingue bien entre la planète Terre (Earth) et la terre (Land).

En français, on distingue les deux seulement avec la majuscule : la planète Terre (avec T) et la terre, au sens sol, avec t. D’où la décision de l’Académie française de garder le verbe : atterrir, avec comme définition : se poser sur le sol…

L’Académie avait aussi refusé le verbe « alunir » - admis pourtant dans le langage courant et adopté par les dictionnaires parce qu’il est « joli », contrairement à « amarsir »…

Le verbe « atterrir » a plusieurs sens

A l'origine, le verbe atterrir concerne la navigation fluviale : "Il est défendu d’atterrir", c’est-à-dire de déposer ou de jeter de la terre et autres déchets dans le fleuve (arrêté municipal du 24 juin 1777). Ces déchets atterrissaient sur le lit du fleuve et risquaient d’obstruer le canal. Atterrir signifiait alors « remplir de terre ». « Le lac se rétrécit, s'atterrit. » « Les barrages furent promptement atterris» (1869).

Son sens a évolué pour signifier qu’un bateau s’est approché de la terre ferme : il a atterri = il a touché terre. « La chaloupe a atterri à marée montante. » L’écrivain Jules Verne l’a utilisé en 1873 : « Le capitaine de ce navire a l'intention d'atterrir. »

C’est avec le développement de l’aviation dans les années 1910 que le mot a pris un sens nouveau et dominant : reprendre contact avec le sol, toucher le sol (atterrir, atterrissage, termes adoptés en 1921).

Et le verbe « amerrir » ?

Il est apparu en 1928 avec les hydravions : avion qui se pose sur la surface de la mer. On dit « amerrissage ». Adopté par l'Académie française, Amerrir signifie : reprendre contact avec la mer et, par extension, avec l’eau. On peut dire qu’un hydravion a amerri sur un lac, sur un fleuve ou un plan d’eau…


D’où vient ce mot : électricité

Je dois tout de suite vous préciser que le mot « électricité » a précédé l’invention plus tardive de l’électricité.

Le mot vient du grec « électron ». Et on le doit au grand savant grec du 7e siècle avant notre ère, Thalès de Milet. Au cours de ses expériences, il observa minutieusement les propriétés de l’ambre jaune, une résine naturelle très appréciée depuis l’antiquité. L’ambre jaune avait, en effet, la capacité, après été frottée avec les mains, d’attirer des matériaux légers tels que les duvets, les tissus ou brins de paille…Ce phénomène, Thalès l’avait appelé « électron » et il l’avait décrit dans ses travaux sur la physique qui sont considérés aujourd’hui comme la source de nos premières connaissances de l’électricité…
Il faudra attendre le 17e siècle de notre ère pour que l’on passe du mot grec « électron » aux mots anglais « electric » puis « electricity ». Et ce passage on le doit au savant anglais de Colchester, William Gilbert (1544-1603). Lors de ses travaux sur le magnétisme, il s’était évidemment intéressé à l’ambre jaune. Et il avait appelé en 1600 ce phénomène de l’attraction : electricity, dérivé du terme electric lequel vient de l’électron. Le terme français « électricité » sera tiré directement du terme anglais un siècle plus tard, en 1720. L’invention de l’électricité ne commencera qu’à partir de 1800 avec la création de la première pile électrique, puis en 1822 avec le moteur électrique et en 1879 avec la première ampoule électrique… Et la lumière fût !

D’où vient la couleur orange de la carotte ?

 

La carotte, fruit ou légume aux multiples bienfaits, est, la plupart du temps, produite et vendue dans sa couleur « orange ». Mais cette couleur n’est pas sa couleur originelle.

En effet, plante sauvage à ses débuts, la carotte était de couleur très foncée (violette, noire). Ses premières racines ont été découvertes en Asie, notamment dans les régions actuelles de l’Iran et de l’Afghanistan. Selon les spécialistes, son ADN remonte à plus de 5 000 ans. Son goût était amer, presque pas comestible, et son usage était plus concentré sur ses feuilles persillées…
Les Musulmans qui ont conquis l’Asie, l’Afrique du Nord puis l’Espagne au 7e siècle avaient emporté la carotte sauvage dans leurs caravanes et l’avaient cultivée en Andalousie jusqu’à leur défaite au 15e siècle…
Reprise et domestiquée par les agriculteurs européens, elle prend plusieurs couleurs – blanche, rouge, jaune – et devient plus goûteuse.
Au 16e siècle, l’Espagne devient à son tour conquérante… Les Européens du Nord se battent contre les Espagnols et obtiennent leur indépendance. Grâce notamment à la combativité et à la clairvoyance du prince Guillaume Ier d'Orange-Nassau (1533-1584), les Pays-Bas acquièrent leur indépendance...
C’est en hommage au « père de la Patrie » que les agriculteurs néerlandais parviennent après plusieurs croisements à trouver la bonne couleur de leur nouvelle identité nationale, l'orange…
Avec un gout savoureux, cette couleur déclinée aujourd’hui en plusieurs variétés, dominera toutes les autres mais ne les fera pas disparaître.

Langage : la différence entre Chi'isme et schisme…

 

Ces deux termes ont la même phonétique mais pas la même signification religieuse à l'origine…

Le schismatique est celui qui opère un schisme : une séparation. Son histoire remonte loin dans les écritures bibliques.
Le premier schisme marque la séparation des tribus hébraïques en deux royaumes (voir image) : le Royaume d’Israël (situé au nord de l'actuel pays) et le Royaume de Juda (sud du pays).
Des schismes, il y en aura plusieurs dans les religions judéo-chrétiennes, ainsi que dans la religion musulmane.
Les plus importants sont ceux qui ont séparé les Chrétiens entre eux (Catholiques et Protestants) et les Musulmans entre eux (Sunnites et Chi'ites).
Le premier a séparé les partisans de l’église vaticane (dirigée par un Pape) et les partisans d'une relation directe avec Dieu. Ces derniers ne reconnaissent pas l’institution de la papauté et ne suivent pas les mêmes dogmes que les Catholiques.
Chez les Musulmans, on retrouve une séparation similaire, entre les Sunnites et les Chiites. Les premiers avaient approuvé la succession du Prophète Mahomet telle qu’elle a été décidée en catimini au profit du calife Abou Bakr. Ceux qu'on appellerait plus tard les Chiites ont rejeté cette succession, préférant la nomination d'un membre de la famille du Prophète, et pas n'importe lequel : Ali, cousin germain et gendre du Prophète. C'est de ce désaccord qu'est né le mouvement chiite, qui rassemblera les partisans de l'époque et les adeptes futurs de l'imam Ali.
L’orthographe et la prononciation des deux mots diffèrent légèrement : schisme et chiisme. Mais la signification religieuse n'était pas la même à l'origine.
Le schisme signifie "séparation, scission entre les membres d'un même groupe". Ce mot vient du grec « skhisma » (division, coupure), repris par le Latin (schisma) puis le français (schisme). Ce qui opère le schisme est appelé schismatique.
Le deuxième mot « chi'isme » ou « shi'isme » vient lui de l’arabe « shi’a » : شيعة. Ce terme est utilisé dans le Coran pour qualifier les « partisans » d'un prophète : Noé, Moïse, Abraham, Jésus… C'est le sens initial. Il désignera après la mort du Prophète les partisans d'Ali : les chi’ites (shi’ites), dérivé du mot shi'a.
Les Shi'ites ont donc commis un schisme. A l'instar des Protestants, ils ne reconnaissent pas les dogmes des Sunnites…

La différence entre quintal et quinte…

 

Il est souvent utile de rappeler quelques éléments du langage courant… Exemple :

Certains s’interrogent parfois sur le poids du quintal. Pensant que le mot vient de la quinte, c’est-à-dire du chiffre 5, ils concluent que 1 quintal = 50 kg.

Faux. Le quintal pèse 100 kg… Et le mot ne vient donc pas de quinte. Mais, figurez-vous, il est dérivé de l’arabe : quentar ( قِنْطار ). Ce passage de l’arabe au français date du 13e siècle (vers 1220). Les savants arabes ne l’avaient pas inventé, mais ils l’avaient transcrit du grec qu’ils avaient appris et traduit en arabe : kentēnárion (prononcer "quentarium" qui a évolué en quentar). Mais les Grecs eux-mêmes l’avaient emprunté au latin : centenarium…

Et quid du mot « quinte » diriez-vous ?

Le sens original de ce mot nous vient de la musique. Il est passé du latin (quintus) au français au 14e siècle (1372) : la quinte c’est l’intervalle entre deux notes séparées par cinq degrés…

Le mot a ensuite eu, en plus, autres significations selon les usages : les joueurs de cartes parlent d’une quinte lorsqu'ils ont une suite de cinq cartes. Les parieurs de courses ont inventé le quinté en 1622 pour prédire les cinq chevaux qui arriveront aux cinq premières places. En termes de santé, les médecins parlent d’une quinte de toux (à partir de 1644) quand l’accès de toux revient toutes les cinq heures…

samedi 28 février 2026

Guerre contre l'Iran : que peuvent faire les Etats libres ?

Les Etats que je considèrent comme libres sont ceux qui reconnaissent à la fois l'existence de l'Etat israélien et celle de l'Etat palestinien...

Les Etats-Unis et Israël attaquent conjointement l'Iran dans le but déclaré d'abbatre le régime, et pas seulement - comme par le passé - pour détruire son potentiel supposé d'armes nucléaires et balistiques.  

Cette guerre nouvelle répond à un seul objectif véritable : neutraliser le dernier allié sur Terre de l''Etat palestinien. Israël a déjà neutralisé le bras armé et religieux de l'Iran, le Hamas. Mais, Trump et Netanyahou tiennent à cette guerre pour des raisons intérieures : leur pouvoir est menacé par les prochaines échéances électorales. La guerre permanente est un alibi, une parade... 

Pour eux, l'Iran est une cible facile : honni à juste titre par une bonne partie de son peuple, le régime moyen-ageux iranien est fragilisé... Mais s'il tient bon, la guerre sera "longue" et meurtruère. L'issue démocratique post-guerre esr très hypothétique quand des forces intérieures adverses disposent des moyens de faire la guerre civile, comme c'est le cas en Libye, Syrie, Yémen, Irak, Afghanistan... Des pays qui ont été libérés de leur dictateur par l'Occident... et qui ont sombré dans l'anarchie. 

Cette guerre folle, que l'Onu n'est pas capable d'arrêter (assommée qu'elle l'est depuis l'arrivée au pouvoir de Trump II) et que le monde dit démocratique observe sans bouger, démontre une seule chose : la force aveugle ignore la justice. La région du Proche Orient ne connaitra pas la paix sans une solution juste pour le peuple palestinien soumis au joug d'Israël... 

Depuis l'arrêt du processus de paix d'Oslo en 1993 par la seule volonté d'une frange de la société israélienne (ultranationaliste) qui a assissiné Y. Rabin, partisan de la paix, le problème palestinien est en panne. Aujourd'hui, on veut abattre le régime iranien, non pas pour instaurer la démocratie en Iran, mais pour éliminer physiquement les derniers soutiens extérieurs de peuple palestinien. Personne parmi les centaines d'analystes de la guerre contre l'Iran n'a évoqué le "lien" de cette guerre avec la Palestine... Aveuglement sournois !

Un espoir demeure... En faisant une recherche toute simple, je découvre qu'il y a exactement 124 pays dans le monde (sur 195) qui ont officiellement admis le droit à l'existence d'Israël et de la Palestine. 124, c'est énorme.

Ces 124 pays peuvent bouger, à l'initiative de quelques leaders "moteurs"... Tôt ou tard, les USA et Israël devront malgré eux s’incliner devant l’écrasante majorité des pays qui veulent la paix en Palestine, une paix sans laquelle il ne peut y avoir une paix dans la région.

L’Espagne a pris une position politique très forte, malgré les menaces israéliennes… Son Premier ministre, Pedro Sanchez, a déclaré le 28 mai que la reconnaissance de la Palestine est "une nécessité" pour "parvenir à la paix mondiale". Car cette décision n'est que "justice", a précisé le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares. "Les Palestiniens ont le droit d'avoir un Etat, comme les Israéliens ont ce droit", a-t-il expliqué à Bruxelles.

Depuis 2020, la plupart des régimes arabes du Golfe et du Maghreb ont abandonné les Palestiniens à leur triste sort. Ils ont été embrigadés par le camp des US et des IS ("accords dit d'Abraham", ce prophète doit se retourner dans sa tombe). Tous les descendants d'Abraham ont le droit de vivre en paix ! Les droits bibliques ne sont pas l'apanage des Hébreux. 

Voici, en 7 tableaux, l'état de la reconnaissance de l'Etat d'Israël et de l'Etat de Palestine. Ce rapprochement, vous ne le trouverez nulle part. C'est une création personnelle.