dimanche 1 mars 2026

Pourquoi l’amour est associé au cœur ?

Dans l’antiquité, les femmes et les hommes croyaient que le « cœur » (organe vital humain) contenait l’âme. Il était, à leurs yeux, le centre du pouvoir, et donc celui qui contrôle l’amour…

Le cœur était ainsi considéré comme le siège des émotions… Quand on aime, on sent le cœur palpiter, battre intensément… Nos ancêtres avaient conclu que les pensées amoureuses et contraires naissaient dans notre poitrine, notre cœur.

Les connaissances scientifiques modernes n’ont pas démenti cette croyance ancestrale, mais elles l’ont recadrée : le sentiment amoureux est le résultat d’une interaction complexe entre différentes parties du cerveau (instinct, émotion, logique…) et le cœur. Mais c’est le cerveau qui fait office de « centre de contrôle » des émotions. Ou la parole se libère (et on ose dire « je t’aime ») ou elle se freine et on temporise, on raisonne : le cœur cesse alors de battre la chamade et l’amour passe...

On peut donc continuera à prétendre que l’on aime avec le cœur. A défaut d’être le « décideur », le cœur demeure le passage obligé de l’élan amoureux. C’est grâce à lui, et pas au cerveau, que l’on ressent - physiquement - le frémissement idéal...

Mais, attention, le symbole de l’amour en forme de « cœur » ne vient pas de l’organe lui-même mais de la feuille de lierre…

Explication : Dans la Grèce antique, le lierre était associé à la vigne. Pour les adorateurs de Dionysos, dieu du vin et des plaisirs, le lierre était réputé pour sa longévité : sa feuille symbolisait alors l’amour durable. Et ce symbole demeure toujours vivace.

D’où vient ce mot ? Amour

 

Le sentiment amoureux existe depuis la nuit des temps… Il est mystérieux (lorsqu’il est pur). Mais depuis quand l’appelle-t-on « amour » en français ?

Réponse : seulement depuis le 16e siècle…

Auparavant, le mot était « ameur », transformation normale du latin « amor » (du verbe amare = aimer).

La règle était que les mots latins qui finissent par « or » se terminent en français en « eur ». Exemples : labor = labeur ; favor = faveur ; rigor = rigueur ; rancor = rancœur…

Vous imaginez-vous dire aujourd’hui à votre chéri(e) : « mon ameur » ?

La transformation en « our » s’est imposée grâce aux troubadours occitans (originaires de la région du sud-ouest de la France). Ces troubadours voyageaient de ville en ville pour gagner leur vie en chantant et racontant des histoires coquines et amusantes : les spectateurs les entendaient prononcer « amour » au lieu de « amor » ou « ameur »…

Progressivement, sur deux ou trois siècles, le parler occitan s’est imposé dans toute la France et le mot « amour » est entré dans les dictionnaires… Au 17e siècle, le mot passe du genre féminin au genre masculin : un amour. Mais, au pluriel, les « amours » s’écrivent au féminin. On dit : il ou elle a connu ses premières amours ; il ou elle file le parfait amour.

D’où viennent ces mots : Maman, papa

 Avant l’invention du mot « maman », il y a avait le mot « mère » dont l’origine remonte à la naissance des premières langues latines archaïques (il y a plus de 2 200 ans). La femme qui enfante était appelée « ma-ter » ou « ma-tar » : la racine « ma » signifiant créatrice, matrice. On disait « pater » ou « pa-tar » (racine pe : protecteur) pour le père…

Mais comment est-on passé à « maman » et papa ?

Le terme « maman » est apparu en 1680 dans le dictionnaire de César-Pierre Richelet, lexicographe français (1626-1698) écrit sous la forme : « m’ama’m’, mot issu des premières bribes prononcées par un bébé. On entend, selon les onomatopées, des « ma », « mm », « ba », « be »…

Quand la mère entend l’appel de son bébé, elle accourt pour lui donner la tétée et s’assurer de son hygiène. Le bébé apprend à utiliser ces premières syllabes labiales (prononcées par les lèvres) pour appeler : "maaa ma", « ma’ma » (qui deviendra en latin « mama », les seins, les mamelles)… Les sons « b » ou « p » sont associés au père.

Richelet s’est appuyé, en fait, sur les travaux de recherche de son compatriote, l’historien-grammairien Gilles Ménage (1613-1692). Ce dernier publia, en 1650, un traité sur les « Origines de la langue française » où il a signalé, pour la première fois, le mot « maman » lequel, disait-il, a été forgé « par la nature même dans la bouche de l’enfant » .

Maman et papa viennent donc de la transcription des premiers balbutiements du bébé adressés aux personnes les plus proches de lui…

Le linguiste danois, Otto Jespersen (1860-1943) écrit dans sa genèse des langues (publiée en 1922) : « Il est très naturel que la mère, qui entend l’appel de son enfant, prenne le « son » (qu’elle entend) comme si l’enfant l’appelait « maman », et, comme elle vient fréquemment au berceau, l’enfant lui-même apprend à mieux utiliser ces syllabes quand il veut l’appeler. »



Et Flaubert créa Salammbô !

 

Prénom d’une femme fatale, Salammbô a été inventé en 1862 par l’écrivain français Gustave Flaubert (1821-1880). Aujourd’hui, c’est le nom d'un quartier qui se trouve à la sortie de Carthage, en allant vers le Kram. Plus qu'un quartier, le prénom mythique de Salammbô appartient au patrimoine immatériel de la Tunisie. Dommage qu'il ne soit pas « exploité » comme il se doit en faveur du tourisme culturel…

Au cours de 2021-2022, Salammbô sera célébré en grandes pompes en France, à l’occasion de la commémoration du bicentenaire de la naissance de son auteur Flaubert. Les amoureux de Salammbô n’ont pas oublié d’associer à cette célébration des personnalités tunisiennes et le musée du Bardo… Un grand merci !

L’histoire de Salammbô

Après avoir écrit Madame de Bovary (1857), Flaubert a trouvé dans la belle l’histoire carthaginoise une inspiration de génie : Salammbô… Il a « inventé » cette héroïne lors de son voyage exploratoire à Carthage (avril – juin 1858). Et elle a fait le titre de son roman d’amour et de guerre.

Un roman qui commence par cette phrase devenue célèbre :

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar… ».

Salammbô, prototype de la femme fatale, est une fille mythique attribuée à Hamilcar Barca (né en 290 av.J.-C. et en mort en 228). Le général carthaginois n’a eu, en vrai, que trois garçons : Hannibal, Hasdrubal et Magon.

Flaubert a créé ce prénom à partir du mot phénicien : Shalambaal (image de Baal, dieu suprême).

Le roman est tissé sur une histoire d’amour passionnel entre une fille noble et un soldat barbare : Salaambô, fille du général carthaginois et prêtresse de Tanit (déesse de Carthage), et Mathô, un chef soldat mercenaire révolté contre Carthage…

Flaubert y a planté le décor mêlant le vrai (guerres puniques, luttes d’influence, éléphants, lions...) et l’imaginaire (sacrifices, trahisons, fureurs…). Je vous laisse lire le roman…


D’où vient cette expression : Se battre contre des moulins à vent

Cette expression signifie, à l’origine : se battre contre un ennemi imaginaire, lutter contre des choses qui n'existent pas et donc, sans possibilité de gagner.

Elle a été tirée de l’œuvre la plus célèbre de l’écrivain espagnol, Miguel de Cervantes (1547-1616) : L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, publié en 1605 et considéré comme le premier roman moderne.

L’auteur dépeint les pérégrinations de son héros, Don Quichotte, qui se bat pour le Bien de l’humanité et contre le Mal. Don Quichotte rencontre sur son trajet des « moulins à vent » qu’il voit pour la première fois de sa vie… Il pense que ces géants « qui gesticulent » personnifient le Mal. Il décide de les abattre… Mais les ailes du moulin le déstabilisent, il tombe de son cheval et reste impuissant face à ces diables…

« Se battre contre des moulins à vent » est reprise comme expression qui désigne quelqu’un qui lutte contre un ennemi inconnu et ne parvient pas à le vaincre…

L’expression se propage en France (17e siècle) puis dans le monde francophone.

Aujourd’hui, le sens a évolué : se battre contre des fantômes, parler pour ne rien dire… Quelqu’un qui se bat contre des moulins à vent est traité comme « fou », « ridicule »…

Cette expression est réapparue à Tunis à la faveur d’une pièce de théâtre « Don Quichotte », jouée à la Cité de la culture (Tunis), le 4 et 5 mars. Une adaptation de Chedli Arfaoui.

Hasard ou pas, le 6 mars, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, évoque « les batailles contre les moulins à vent » qui ne l’intéressent pas ». Allusion aux tiraillements qui dominent la scène politique tunisienne depuis quelques mois entre le « trio » des dirigeants : le président de la République, le chef du gouvernement et le président du parlement.

Pour les curieux :

Les moulins à vent ont été inventés par les Perses (an 620) pour l’irrigation. De là, la technique s’était répandue dans le monde pour produire de l’électricité.

D’où vient ce mot : hélicoptère

Ce mot a été inventé bien avant l’avion (voir mon post d’hier). Il est le fruit d’un ingénieur français Gustave de Ponton d'Amécourt (1825-1888).

Créé en 1861, il est la fusion de deux mots grecs : « helix » (spirale) et de « pteron » (aile).

Mais son projet n'a pas abouti. Ni celui de son ami, Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle (1812-1886), qui a imaginé un modèle doté d'un moteur à vapeur (1863). Voir images.

L’hélicoptère se révéla plus compliqué à faire que l’avion. Le premier modèle opérationnel ne sera lancé qu'en 1936 : le gyroplane. Conçu par deux super ingénieurs français, Louis Charles Breguet (1880-1955) et René Dorand (1898-1981), il réussira à voler pendant une heure à une vitesse de 121 km/h.

L’industrie mondiale de l’hélico se développera avec la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Images :

1. Projet conçu par Gustave de Ponton d'Amécourt, 1861.

2. Hélicoptère imaginaire, mû par un moteur à vapeur, conçu par Gabriel de la Landelle, 1863.

3. Le Gryroplane de Breguet-Dorand, 1933.

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Quand le Maroc rattrapera-t-il la Tunisie ?

 

Le Produit intérieur brut (PIB) par habitant est une excellente mesure pour comparer la richesse économique « officielle » de deux ou plusieurs pays comparables. Comme la Tunisie et le Maroc.

Le PIB total mesure, en valeur, toutes les marchandises et tous les services produits au cours d’une année à l’intérieur du pays par ses habitants « actifs ». Il s’agit évidemment des activités du secteur formel (déclaré). Il ne reflète donc pas le rôle du secteur « informel » (non déclaré) qui est bien développé dans les deux pays.

Pour faire la comparaison, il faut seulement prendre les chiffres d’une même source méthodologique et statistiquesr. C’est ce que j’ai fait pour le PIB par habitant de la Tunisie et du Maroc sur une période 2000-2024.

Eh bien, la Tunisie qui a toujours affiché un PIB/hab largement supérieur à celui du Maroc commence à perdre du terrain. Et je pense qu’elle va être rattrapée d’ici 2025 ou 2026.

Voir infographie de ma fabrication (chiffres de la Banque mondiale).