lundi 14 mai 2018

Elections tunisiennes : taux de participation

Il y a beaucoup à dire sur ses élections, leurs préparatifs, la mobilisation, la campagne, etc. Mais l'indicateur principal (le taux de participation) apporte un éclairage précis et clair : deux électeurs inscrits sur trois n'ont pas voté pour de multiples raisons, soit un taux de participation de 33,7% (préliminaire).
Pour des élections tant de fois reportées et très attendues, il y a là comme un sentiment d'échec (de toutes les institutions nationales et locales, du sommet à la base; de tous les partis), et une grande déception ou désillusion ou encore de défiance des citoyens vis-à-vis de l'Etat et, plus général, vis-à-vis des affaires publiques qui les concernent au plus près... Chaque commentateur va y aller de ses récriminations, de ses accusations, mais pas de ses insuffisances... ni de ses incompétences, encore moins de ses calculs politiques étroits. Certains politiciens (politicards) n'avaient-ils pas intérêt à ce que le "peuple" ne se mobilise pas vraiment ?
Le pays résiste encore au déclin grâce à une minorité agissante, d'une grande abnégation, sur le terrain associatif et politique. Mais ceux qui sont aux commandes du pouvoir ne regardent que le bout de leur nez fini (de leur pouvoir temporaire).
Les Tunisiens inscrits avaient voté à 68% en octobre 2014 puis à 63 % en novembre 2014 et à 33,7 % en mai 2018. Au Maroc, pour les élections locales similaires, le taux de participation était de 54 % en 2015, en Algérie de 44 % en 2017 (à comparer, par exemple, à celui de la France : 64 % en 2014).

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