A 69 ans, A.Z. voit – dans les méandres de la classe
politique tunisienne exécrée depuis 2011 – un nouvel horizon s’ouvrir devant
lui. Un peu comme Macron en France, face aux malversations et à l’incompétence
des prétendants au pouvoir. Macron a réussi à trouver une voie passante sans
parti sur le dos. Zbidi a évidemment moins de temps devant lui : 45 jours. De quoi a-t-il besoin ? D’un
vaste soutien populaire (mobilisable grâce aux réseaux sociaux, ce mouvement
semble avoir déjà commencé). Il suffit qu’il dise :
oui, je suis candidat, oui, je peux apporter un souffle nouveau, du sang neuf à
ce pays qui souffre tant des magouilles… Sans parti politique, il peut capter
10 000 signatures dans au moins 10 circonscriptions du pays. Ou obtenir le
parrainage de 10 députés ou de 40 maires. Avant le 9 août, dernier délai pour
déposer sa candidature avec une caution financière de 10 000 dinars… L’élection
aura lieu le 15 septembre (1er tour).
Mais, parions, dès qu’il déclarera sa candidature, celui qui
a dit « je ne sais mentir », va subir les pires attaques de nos
médiocres hommes politiques qui ne cherchent que la chaise et le pouvoir de la
chaise. Regardez déjà la liste des prétendants et vous tombez dans le ridicule.
Aucun ne bénéficie d’une aura comme celle de Zbidi, ni de légitimité. Tous ou
presque ont déjà essayé et subi une gifle (moins de 5% des suffrages). Et ceux
qui veulent se présenter n’ont pas brillé par le sainteté religieuse, ni
par les résultats de leur passage au pouvoir. Tous se sont enrichis en moins de
10 ans et amassé des biens en leur nom, ou aux noms de leurs proches (épouse,
enfants, prête-noms). L’Etat, affaibli par des années de mal gouvernance, est
incapable de réagir, ses pieds et ses mains sont ligotés par les corrupteurs.
A.Z. est né le 25 juin 1950 à Rejiche, ville côtière à 7 km au sud de Mahdia, de près de 15 000 habitants
(hors période estivale). Il fait sa
première entrée dans la fonction politique le 17 novembre 1999 en tant que
secrétaire d’Etat dans le 1er gouvernement formé par Mohamed
Ghannouchi, Premier ministre (lequel a succédé à Hamed Karoui). Sous Ben Ali,
tous les responsables étaient obligés d’être membres du parti présidentiel, le
RCD. Je n’ai trouvé, dans mes recherches, aucune fonction lui ayant été attribuée
au sein du RCD.
Jusque là, il a exercé des métiers conformes à sa formation
médicale : un doctorat en Médecine à Lyon (1981)
avec des spécialités en Physiologie, Biologie et Pharmacologie. Il est tantôt
professeur, tantôt expert, notamment auprès de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (1992). Il a contribué à plusieurs ouvrages scientifiques
et dirigé plusieurs thèses en médecine.
Qu’a dit récemment A.Z. ? Je lis dans la revue « Acharaa »
datée du 30 juillet :
“إلى حدّ الآن لا
استطيع أن أقول شيئا …ما يمكنني قوله فقط وتأكيده .. إني معني إلا إذا كان لدي ما
اضيف للبلاد”. http://acharaa.com/ar/436143
Je traduis : « Je ne peux rien vous dire à
présent. Ce que je peux dire avec insistance : je suis concerné (par la candidature
à la Présidentielle) si je me sens capable d’apporter un « plus »
à la Tunisie ». Evidemment qu’il peut apporter un grand « plus »
en le débarrassant de ses malfrats d’abord et en donnant le bon exemple dans sa
conduite du gouvernement et de l’administration. Il pourra certainement compter
sur l’armée.
A cette déclaration récente, je vous prie d’écouter cet
extrait vidéo de l’intervention qu’il a
faite en 30 novembre 2017 à 15h devant les députés de la Nation. Il était interrogé
par les députés lors de la discussion du budget du ministère de la Défense devant l’assemblée.
A la fin de son intervention, il dresse son propre portrait de façon
humoristique – mais pas anodine… Il dit : « Je ne pourrais jamais
être politicien. Vous savez pourquoi ? Parce que je ne peux ni mentir, ni
camoufler un mensonge ». Les députés applaudissent, mais leur visage est
devenu jaune. https://www.huffpostmaghreb.com/2017/12/01/abdelkrim-zbidi-humour-ar_n_18695758.html
Cette scène – prise à la légère – est d’une grande profondeur. Elle
témoigne de l’esprit critique, à la limite, sarcastique. Pour lui, un « politicien »
est synonyme de « menteur ». Il a désormais le grand devoir devant l’Eternel
de nous prouver le contraire.
Tableau (incomplet) de la carrière « politique » de
Abdelkarim Zbidi
Secrétaire d’État
auprès du Premier ministre chargé de la Recherche scientifique et de la
Technologie
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Gouvernement
Mohamed
Ghannouchi
|
De 1999 à 2001
|
Ministre de la Santé publique
|
Gouvernement
Mohamed
Ghannouchi
|
Du 23/01/2001 au 8/10/2001
|
Ministre délégué auprès du Premier
ministre, chargé de la Recherche scientifique et de la Technologie
|
Gouvernement
Mohamed
Ghannouchi
|
Du 8/10/2001 à 5/09/2002
|
Pas de fonctions officielles
|
???
|
De 2002 à 2005
|
Doyen de la faculté de médecine de
Sousse.
|
De 2005 à 2008
|
|
Pas de fonctions officielles
|
???
|
De 2008 à 2011
|
Ministre de la Défense
|
Gouvernement
Mohamed
Ghannouchi
|
Du 27/01/2011 au 27/2/2011
|
Ministre de la Défense
|
Gouvernement
Béji Caïd
Essebsi
|
Du 27/02/2011 à 12/2011
|
Ministre de la Défense
|
Gouvernement
Hamadi
Jebali
|
De 12/2011 à 03/
2013
|
Pas de fonctions officielles
|
Il refuse la nomination comme
chargé de mission au cabinet du ministre de la Santé publique, Abdellatif
Mekki (juin 2013).
|
2013 à 2017
|
Ministre de la Défense
|
Gouvernement
Youssef
Chahed
|
Du 6/09/2017 à ce jour
|
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