samedi 22 avril 2017

Quand la valeur du dinar entame une chute libre...



En quelques jours, les propos de notre ministre des Finances, Lamia Zribi, ont entrainé une baisse brutale de la valeur du dinar, une monnaie déjà malade de la mauvaise conjoncture économique officielle et de la contrebande, de l'importation sauvage des marchandises, de la fuite des capitaux, de la rareté des devises... La demande de devises étant plus forte que l'offre, c'est normal que le dinar baisse.


 
 Précision : Graphiques : les données sont celles de la BCT


La ministre des Finances voulait faire preuve de pédagogie en expliquant sur les antennes de la radio (le 18/4) que l'économie tunisienne va mal, qu'il faut être optimiste, mais que la situation est encore difficile. Et, paroles plus graves, que la Banque centrale, dit-elle, n'a plus les moyens de venir davantage au secours du dinar (en vendant des devises aux banques commerciales, elle augmente ainsi l'offre et limite la baisse).
Quand c'est un ministre qui le dit, cela signifie qu'il faut s'attendre à ce que la valeur du dinar "glisse encore" (comme elle le dit) vers le taux fatidique de 1 euro pour 3 dinars... La ministre affirme que les autorités n'ont pas l'intention de "dévaluer" (comme ce fut le cas en Egypte), mais son propos implique que notre gouvernement va laisser faire le marché libre (le dinar flotte de façon "administrée" depuis Ben Ali, c'est-à-dire contrôlée par la Banque centrale, BCT), et que si les devises ne viennent pas (des exportations, des investissements, des touristes) ou que si le pays n'arrête pas d'importer librement (de la Turquie notamment) des biens de consommation, la BCT va continuer à manquer gravement de devises... Conséquence : le dinar va tomber jusqu'au niveau souhaité par les autorités pour équilibrer les comptes...
Ben Ali nous a laissé un taux de 1 euro = 1,92 dt; aujourd'hui, nous avons 1 euro = 2,57 dt (soit une perte de 25 % de la valeur du dinar).
A qui la faute ? Aux mauvaises politiques gouvernementales depuis 2011 : elles n'ont pas cherché l'intérêt général du pays, en ouvrant notre marché à l'invasion des produits turcs, en embauchant plus de 200 000 fonctionnaires en trop, en fermant les yeux sur les trafics et sur la corruption à grande échelle qui sévit dans les douanes, le fisc, partout, en se courbant devant les milliardaires (qui sortent les devises par millions), devant les islamistes (qui ont enfanté les terroristes, lesquels ont tué notre tourisme), devant les syndicalistes (qui ont semé l'anarchie des revendications), devant l'étalement des richesses (par une minorité) et l'explosion des inégalités, et, pour finir, ces mêmes autorités (depuis 2011 à nos jours), disent au peuple : débrouille toi pour survivre... S'il faut voler, vole, s'il faut pour cela tuer, tue, s'il faut traficoter, traficote, bref, que chacun fasse ce que bon lui semble. C'est étonnant : plus un pays s'appauvrit et décline, et plus le nombre de partis politiques augmente (plus de 150 dans notre Tunisie) ! C'est bizarre, non !
Et quand le Premier ministre actuel montre des signes de vouloir "réformer" en profondeur en touchant évidemment les intérêts des Politiques, des Syndicats et des Mafieux, il devient "mal aimé" et on cherche à le déstabiliser petit à petit...

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