dimanche 10 décembre 2017

A qui appartient Jérusalem (Al-Qods)




Les vociférations actuelles des Arabes contre la décision de Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem sont affligeantes et, comme toujours, inefficaces. Sauf pour les Palestiniens – les seuls qui se battent encore au risque de leur vie.
1.- Pourquoi affligeantes ?
Parce que la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël remonte à octobre 1995. Cette décision a été votée à l’unanimité ou presque du Congrès américain sous la présidence de Bill Clinton (eh oui !), deux ans après les accords de « paix » dits d’Oslo (septembre 1993). Voir le texte en anglais de cette loi américaine « Jerusalem Embassy Act » (en cliquant sur ce lien : https://www.congress.gov/104/plaws/publ45/PLAW-104publ45.pdf). Les Arabes n’avaient pas alors sérieusement protesté, parce qu’une clause dérogatoire permettait au président américain de reporter de six mois en six mois la mise en application de cette loi. Donc, Clinton, Bush, puis Obama, ont tous signé des reports successifs, y compris Trump en juin 2017 par tactique : il fallait que les Arabes croient en lui. La plupart l’ont bien accueilli après son élection, en particulier les Egyptiens et les Saoudiens. Ils n’aimaient pas Obama. Les Saoudiens ont même offert à Trump des contrats de 380 milliards de dollars lors de sa première visite à Riyad. Faut-il rappeler ici que les Saoudiens et les Américains ont signé un pacte de solidarité et de protection mutuelles en février 1945 à bord du navire militaire américain, l'USS Quincy en mer Rouge. Le roi saoudien d’alors – Ibn Saoud en personne – était arrivé à bord du navire américain avec des agneaux vivants destinés au « méchoui party » avec le président Roosevelt... Ce pacte est toujours en vigueur.
Voir photos :

Faut-il rappeler aussi que Trump a fait du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem une des promesses de sa campagne électorale. Il a pris le temps de réfléchir avant de décider le 6 décembre 2017.

Pourquoi le lui reprocher une fois il est passé à l’acte ? Si les rues « arabes » et « musulmanes » ont protesté avec véhémence, les Arabes qui nous dirigent ont protesté en prenant des pincettes : pas un mot au-dessus de l’autre ! Lisez le communiqué de la « Ligue arabe » diffusé le 10 décembre : réunis au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères demandent à Trump d’annuler sa décision… Et c’est tout. Aucune action n’est annoncée au cas où Trump refuse… Il  est trop loin le temps de la « guerre du pétrole » déclenchée en octobre 1973.

2.- Pourquoi inefficaces ?

Parce que les Etats-Unis ne feront rien – comme depuis 1948 – contre Israël. Jamais, oh jamais ! Parce qu’Israël se croit dans son bon droit « biblique », donc inaliénable et indiscutable !

En fait, les Juifs ne sont ni les premiers habitants de cette terre palestiniennes, ni les derniers…

Cette bande de terre méditerranéenne (appelée Palestine par le premier historien-géographe du monde, Hérodote, Ve siècle av. J.-C.) était déjà occupée par les Cananéens… Les Egyptiens antiques (celle des Pharaons) les considéraient comme leurs ennemis (le nom de Jérusalem a été retrouvé sur une de leurs tablettes en hiéroglyphes). Ils finissent par les envahir (XVIe siècle av. J.-C.).
Les premiers israélites de l’Histoire apparaissent vers le XIIIe siècle av. J.C. : ils sont identifiables par les Cananéens parce que leur tribu n’élève pas les porcs et ne consomme pas leur viande. Sous domination égyptienne, ils deviennent les esclaves des Pharaons et ne doivent leur libération qu’à Moïse qui les incitent à quitter l’Egypte (Exode) pour retourner à Canaan… Là, ils s’organisent et créent leur premier royaume avec le roi David sur une petite cité-Etat (selon des historiens, la position géographique de cette cité se trouvait en dehors de Jérusalem). Le royaume ne survivra que deux siècles, pour tomber entre les mains de l’empire assyrien (720 av. J –C.). La Bible chrétienne donne une vision assez négative du royaume, sa population étant accusée de s'être éloignée de l'enseignement de Moïse en tombant dans l'idolâtrie.

Bref, la terre de Palestine ne peut appartenir exclusivement aux Hébreux. Puisque d’autres peuples y habitèrent avant eux et après eux pendant des périodes plus longues que la leur. Elle a été conquise par les Mamelouks, les Perses, les Byzantins, les Romains, les Chrétiens, les Musulmans, les Ottomans, les Anglais… Et c’est sous l’effet des premiers pogroms en Europe (XIXe s.) que le mouvement sioniste, qui venait de se créer, entama une politique efficace pour convaincre les Juifs d’Europe d’immigrer en Palestine. L’afflux massif de ces migrants provoqua des affrontements avec les Arabes et les Anglais. Un premier groupe terroriste juif – l’Irgoun – a même été créé pour la cause… Les Anglais ont fini par obtenir de la SDN (Société des Nations, ancêtre de l’ONU) le mandat d’administrer la Palestine et d’y créer un « foyer national juif ».

Mais les Juifs, de plus en plus nombreux et armés, ne se contentèrent pas de ce « cadeau ». Ils se sont préparés sérieusement à la guerre en vue de la création d’un Etat fort et invulnérable (il a pu ainsi se doter de l’arme atomique avec un programme lancé dès 1949). Les Anglais ne sont pas parvenus à endiguer le flux des migrants juifs ni à les désarmer. Après la Seconde guerre mondiale, l’ONU vota enfin une résolution sur le partage de la Palestine en deux Etats (1947). Les Arabes refusèrent et déclarèrent la guerre au nouvel Etat naissant (1948). Une guerre qu’ils perdirent, comme ils perdirent toutes les guerres qui s’en suivirent (1956-1967-1973). Après ces échecs arabes cuisants, les Palestiniens reprirent leur destin en main, en lançant la 1ere Intifada (1987), puis la deuxième, et la troisième est en perspective…

Depuis 1973, rien n’y fait. Les extrémistes d’Israël ont tué dans l’œuf le dernier plan de paix d’Oslo en assassinant leur Premier ministre Rabin, en novembre 1995. Ces extrémistes veulent toute la Palestine biblique – ils ne baisseront jamais leurs armes. Avec le soutien direct des Etats-Unis et tacite de l’Europe, qui « rembourse » ainsi sa « dette » vis-à-vis des Juifs dont elle s’était bien débarrassée (les pogroms).

Pour revenir à la question de Jérusalem «  à qui appartient-elle ? », la réponse – si on est vraiment laïc - ne peut être biblique, i.e. la « Terre promise » par le prophète Moïse, dont l’existence historique n’a pas été prouvée à ce jour. Les premiers peuples indigènes (les Cananéens) ont disparu. Ceux qui les ont remplacés et qui s’y étaient établis durablement ne peuvent aujourd’hui être « délogés » par les descendants des Juifs qui, depuis plus de 2000 ans, s’étaient exilés pour vivre en Europe ou ailleurs. Ce « droit à la terre ancestrale » est un droit universel, comme pour les Indiens d’Amérique, les Aborigènes d’Australie, les Pygmées et les Bushmen d’Afrique, les Tibétains, etc. Donc, la Palestine ne peut appartenir aux seuls Juifs.

L’ONU, quand elle fait son partage en 1947, a fait au mieux en préconisant la création de deux Etats indépendants et en donnant à Jérusalem un statut à part sous contrôle international. Ce plan avait été accueilli avec joie par les Juifs (600 000 vivant alors en Palestine), mais rejeté par les Arabes de Palestine (1 200 000) ainsi que les Etats de la Ligue arabe. Pour les Etats européens, c’était une bonne chose : ils pouvaient enfin permettre aux 250 000 Juifs qui attendaient impatiemment dans les camps de réfugiés en Europe et à Chypre de gagner enfin la Palestine.

On ne peut ni refaire ni défaire l’Histoire, sauf par la force (des Etats ont disparu de la carte pour renaître ensuite, après une révolution, une guerre d’indépendance). Et si la force n’est pas avec vous, il faut savoir composer…

L’Etat d’Israël, qui fêtera le 14 mai 2018 le soixante-dixième anniversaire de sa fondation, est un devenu un fait historique indéniable. Il faut le reconnaître. Et les Arabes palestiniens ne peuvent, s’ils veulent un jour avoir gain de cause, qu’en prendre de la graine. Ils peuvent s’inspirer de la conduite même des Juifs qui avaient méthodiquement préparé leur retour à la « maison » en se dotant d’une Organisation sioniste mondiale en 1897. Ils ont mis cinquante ans pour se doter de leur Etat en vainquant les Arabes et les Anglais.

Les juifs d’Europe avaient commencé d’abord par acheter des terres en Palestine (sous la colonisation ottomane), mouvement lancé et financé par le baron français Edmond de Rothschild. Les Palestiniens ont plus que jamais besoin d’une direction avisée, intègre, patriotique, qui trace une vision et une stratégie à long terme*. Ils ont une arme de dissuasion massive et pacifique : une démographie bien supérieure à celle des Juifs. Fini le temps des cailloux et des roquettes.
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* Je ne peux m’empêcher ici  de rappeler le discours courageux et lucide que le prédisent tunisien Habib Bourguiba, avait prononcé à Jéricho, en Palestine, le 3 mars 1965. Il avait pointé du doigt la faille des Arabes : le mauvais leadership (« khalel fil-al kiyada ») ; la prévalence de la passion et des sentiments (« al-atifa »), la politique du « tout ou rien », les surenchères et l’absence d’unité dans la force. Ecoutez-le en cliquant sur ce lien :  

mercredi 7 juin 2017

A propos du Qatar



Sa mise sous embargo par ses principaux voisins : les raisons profondes et bien au-delà…
 
Ce n’est pas pour défendre le Qatar que je vais vous donner mon analyse de la situation dans cette mini péninsule du Golfe arabo-persique. Six pays ont annoncé le 5 juin leur décision de rompre immédiatement toutes leurs relations avec le Qatar : les trois principaux voisins (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis), suivis par certains de leurs alliés proches et lointains (Yémen, Egypte et iles Maldives). Ces six pays ont demandé à leurs citoyens de ne plus se rendre au Qatar et de ne plus commercer avec lui.

Dans cette affaire, les plus gros perdants seront les pauvres travailleurs égyptiens au Qatar (ils sont environ 300 000). Je ne parlerai pas des investisseurs et autres profiteurs de la manne pétrolière et gazière du Qatar (plus de 150 milliards de dollars par an, trois fois le produit annuel de la Tunisie).

Le Qatar a réagi, sans surprise (car il était pré-informé) en demandant à tous les diplomates de ces pays de quitter le pays au plus tard avant l’Aïd (les pays musulmans ne respectent plus, je vous le dis, la trêve ramadanesque, tout comme les terroristes). Par réalisme, le Qatar épargne pour le moment les travailleurs égyptiens dont il ne peut pas se séparer d’un seul coup. Ils feront partie du « bras de fer » qui va marquer les rapports ou les négociations en vue d’une réconciliation…

La fermeture de la circulation terrestre, aérienne et maritime va bloquer tout le commerce de marchandises, en particulier les importations alimentaires du Qatar. Mais l’archi milliardaire qu’est le Qatar trouvera d’autres solutions pour s’en sortir de la tentative d’asphyxie opérée par ses chers « frères » et voisins. Il peut s’appuyer sur son allié iranien, sur la neutralité du Koweït et sur la bienveillance américaine (les Etats-Unis disposent au Qatar d’une importante base aérienne militaire de 10 000 soldats située à Al-Udeid).
Donc, ne pleurons pas sur le Qatar. Son seul gros risque concernera le déroulement de la Coupe du monde de football sur son sol (2022) : l’embargo tiendra-t-il encore jusqu’à 2022 ? Une première victime sera la construction, déjà reportée, du « pont de l’amitié » entre l’ile de Bahreïn et le Qatar : un pont de 45 km, dont les travaux devaient reprendre pour finir en 2022 juste avant le Mondial du foot. L’ile de Bahreïn, elle, est reliée depuis 1986 par la « chaussée du roi Fahd » avec la terre saoudienne (viaduc et ponts sur 25 km).

Que reproche-t-on officiellement au Qatar : son soutien au terrorisme (en particulier aux Frères musulmans, ennemis historiques de l’Arabie saoudite, de Nasser et du nouveau régime égyptien) et son alliance permanente avec l’Iran (le Qatar et l’Iran partagent une frontière maritime et des gisements offshores communs). Les Qataris sont-ils les seuls à soutenir une mouvance islamiste ? Non, évidemment. Les wahhabites et les salafistes sont soutenus par qui, sinon par les Saoudiens ?

Mais les raisons profondes de l’inimitié entre Qataris, Saoudiens, Bahreinis et Emiratis ont peut les trouver en relisant l’histoire de ces monarchies, en fait de ces tribus qui règnent de façon absolue sur des territoires vastes ou minuscules quasi désertiques et sous peuplés. Ils vivaient autrefois de la pêche, du commerce et des oasis, mais leurs rivalités se sont accrues avec la découverte d’énormes gisements énormes d’hydrocarbures.

Sur  le Bahreïn, position autrefois stratégique, règne, depuis 1783 et jusqu’à ce jour, la tribu puissante des Al-Khalifa. Cette tribu originaire du Nejd (centre de l’Arabie, avant l’avènement de tribu des Saoud) avait migré d’abord au Qatar où elle s’était renforcée.  C’est avec l’aide des Qataris qu’elle a pu  chasser les Perses de Bahreïn pour y prendre le pouvoir. Gourmands, les Bahreinis ont voulu ensuite conquérir le Koweït et le Qatar… Les agents britanniques, qui étaient très influents dans l’ensemble de la région, alors sous l’emprise des Ottomans (après les Perses et les Portugais notamment), ont mis le holà à l’ambition des al-Khalifa en 1867 : les forces bahreïnies répriment, cette année, une rébellion qatarie. Compromis britannique : les deux entités géographiques sont séparées. Les agents britanniques choisissent le chef de la tribu Banou Tamim, Al-Thani (grand commerçant installé à Doha) pour diriger la péninsule Qatarie (1868).

Après la défaite des Ottomans lors de la Première guerre mondiale, les Turcs se retirent du Qatar et le protectorat britannique est officialisé sur l’ensemble de la péninsule (1916). Le contrôle de cette péninsule était important pour les territoires de l’empire britannique en Asie (notamment l’Inde). Et son importance s’accroit avec les premières découvertes pétrolières dans les années 1930.
Comme tout a une fin, les Britanniques annoncent la fin de leur protectorat en 1968 et proposent aux neuf chefs des tribus régnantes de constituer un seul Etat : Bahreïn, Qatar, et sept autres émirats (Dubaï, Abou Dhabi, etc.). Cette fédération est mort-née : les neuf chefs rivaux n’arrivent pas à s’entendre sur le partage des pouvoirs et des richesses. Ainsi, chaque territoire devient indépendant en 1971 : Bahreïn en août, le Qatar en septembre alors que les six autres confettis forment une fédération (Emirats arabes unis, rejoints par le septième en 1972).

Toutes ses monarchies, qui sont encore et toujours sous influence anglo-saxonne, sont continuellement marquées par des rivalités de personnes (les vieux et leurs descendants), d’ambitions, de territoires, de pratiques religieuses opposées (sunnites, chiites…), de gouvernance (la place des femmes, les libertés, la politique). Au Qatar, on assiste à une politique économique et médiatique (création d’Al-Jazeera en 1996, avec l’aide de la BBC) audacieuse et moderniste, mais dans cet émirat, comme dans les autres, les partis politiques sont interdits…

Mais la concentration  des richesses la plus extraordinaire se trouve au Qatar : un territoire de 11 586 km2 (99% désertique), plus petit que le gouvernorat de Tataouine (38 900 km2), une population qatarie de 270 000 personnes, servie par 2 millions de travailleurs étrangers. Le premier gisement de pétrole « Dukhan » découvert on-shore en 1939 (exploité depuis 1949) est gigantesque. Le premier gisement de gaz, découvert en 1971 en mer, l’est encore plus (plus de 1 000 milliards de m3).
Les réserves en hydrocarbures sont aujourd’hui, par tête de Qatari, les plus importantes du Monde : les 270 000 Qataris possèdent ensemble un patrimoine de 25 milliards de barils de pétrole et six fois autant de gaz naturel (25 000 milliards de m3 de gaz naturel, soit l’équivalent de 150 milliards de barils de pétrole).

Combien de ce patrimoine va aux déshérités du monde ? Epsilon. La richesse produite chaque année est soit dépensée localement, soit placée à l’étranger (avoirs estimés actuellement à 335 milliards de dollars, trois fois plus qu’en 2005 lors de la création du Fonds souverain).  Pour le Mondial 2022, le Qatar va investir, selon les estimations, près de 200 milliards de dollars dans les infrastructures…

Questions : pourquoi financer le terrorisme et les sectarismes religieux, quand à la place, on peut, avec le même argent, financer la construction d’hôpitaux, d’écoles, de centres de recherches, de terrains et des salles de sport, des bibliothèques, des routes, des réseaux d’eau potable et d’électricité, en faveur des peuples qui n’ont pas eu la chance de d’avoir un sous-sol aussi riche que le Qatar ? Pourquoi  l’émir du Qatar ne le fait-il pas ? Est-ce par bêtise, par ignorance, par égoïsme ? Est-ce plus facile de fomenter les troubles chez les autres ? Est-ce plus amusant de jouir de la souffrance des autres, de les maintenir dans le besoin et dans la misère ? Les gisements d’hydrocarbures ne doivent-ils pas faire l’objet d’une taxation mondiale au profit de la lutte contre le sous-développement économique, social, éducationnel, sanitaire, partout dans le monde ? Après tout, les gisements du sous-sol (hydrocarbures, or et diamants) ne sont-ils pas les fruits d’une sédimentation naturelle de plusieurs millions d’années. Le hasard a fait que dame Nature soit injuste en apparence avec les Hommes qui naissent sur Terre. Mais ce hasard n’est-il pas une nécessité pour les équilibres terrestre et cosmique ? La Nature laissent aux Hommes le soin de gérer les richesses où qu’elle se trouve au profit de l’Humanité entière. Et c’est, à mon sens, le sens premier des « religions » qui recommandent ou exigent des Croyants, dotés d’une conscience, de faire avant tout le Bien et d’éviter le Mal. Pour la Paix. Et non la Domination, la Destruction et la Mort.